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à d'austères devoirs


"A d'austères devoirs le rang de femme engage."
L'Ecole des femmes, III, 2 (v. 696)

Dans son sermon "Sur l'état de mariage", Bourdaloue mettra l'accent sur la servitude que représente ce sacrement :

On n'en peut douter, chrétiens : à considérer le mariage dans toute son étendue [...] cet état porte avec soi des obligations qu'il vous est d'une importance extrême de bien connaître.[...] Des obligations à quoi l'on fait bien peu de réflexion dans le monde, et que le mariage vous impose. Car, puisque c'est un sacrement de la loi de grâce, il n'est donc permis de s'y engager qu'avec une intention pure et sainte; il n'est donc permis de le recevoir qu'avec une conscience nette et exempte de péché; il n'en donc permis d'en user que dans la vue de Dieu et pour une fin digne de Dieu, et quiconque manque à ces devoirs commet une offense digne du sacrilège, parce qu'il profane un sacrement.
[...]
Je vous l'ai dit et je vous le répète : que le mariage soit un sacrement, c'est ce qui fait son excellence et sa plus belle prérogative dans la loi de grâce; mais c'est cela même aussi qui en fait la servitude; pourquoi ? parce que c'est cette qualité de sacrement qui le rend indissoluble, et par conséquent qui en fait un joug, une sujétion, comme un esclavage où l'homme renonce à sa liberté.
[...]
Or c'est, chrétiens, ce que j'appelle une servitude et ce qui l'est en effet.
[...]
Ah, combien en a-t-on vu et combien en voit-on de nos jours succomber sous ce joug pesant ou ne le traîner qu'avec peine et en, déplorant mille fois leur infortune ? Combien de malheureux dans le monde et dans toutes les conditions du monde paraissent contents au dehors, mais gémissent en secret de l'esclavage où ils se trouvent réduits ?
[...]
Quoi qu'il en soit, vous connaissez, mes chers auditeurs, les obligations du mariage, vous en savez les peines, vous n'en ignorez pas les dangers, et par conséquent vous voyez combien il vous importe d'y être éclairés, conduits, secourus de Dieu.
(éd. des Oeuvres de 1833, p. 60sq)




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