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à soi-même il se reste


"Il n'est pour le vrai sage aucun revers funeste,
Et perdant toute chose, à soi-même il se reste."
Les Femmes savantes, V, 4 (v. 1706-1707)

Philaminte énonce un des principes de la philosophie stoïcienne.

On le retrouve, par exemple, dans

  • une des Epîtres de Sénèque :
Nos eum volumus dicere qui respuat omnis mali sensum: accipietur is qui nullum ferre possit malum. Vide ergo num satius sit aut invulnerabilem animum dicere aut animum extra omnem patientiam positum. Hoc inter nos et illos interest: noster sapiens vincit quidem incommodum omne sed sentit, illorum ne sentit quidem. Illud nobis et illis commune est, sapientem se ipso esse contentum. Sed tamen et amicum habere vult et vicinum et contubernalem, quamvis sibi ipse sufficiat. Vide quam sit se contentus: aliquando sui parte contentus est. Si illi manum aut morbus aut hostis exciderit, si quis oculum vel oculos casus excusserit, reliquiae illi suae satisfacient et erit imminuto corpore et amputato tam laetus quam [in] integro fuit; sed quae sibi desunt non desiderat, non deesse mavult. Ita sapiens se contentus est, non ut velit esse sine amico sed ut possit
(I, 9)

Car nous voudrons parler de celui de qui l'âme est si ferme et si vigoureuse, qu'il n'y a douleur quelconque qui la puisse émouvoir ; et il semblera que nous l'entendrons d'un homme fluet, tendre, et à qui seulement une piqûre du doigt fasse perdre le jugement. Voyez donc si nous ne ferions point mieux de dire une âme invulnérable, ou une âme mise hors de toute souffrance. Voici la différence qu'il y a d'eux et de nous. Notre Sage est invincible aux incommodités, mais non insensible ; le leur y est insensible aussi. Nous avons cela de commun, que le Sage est content de soi-même, mais qu'il ne laisse pas d'être bien aise d'avoir un ami, un voisin, un qui loge avec lui, bien qu'il ait en soi de quoi se passer de toutes choses. Voyez s'il n'est pas bien content de soi-même. Si par quelque maladie ou en un combat, une main lui est coupée, cet accident qui lui diminue le corps, ne lui diminue point son contentement ; si par quelque inconvénient il perd un oeil, il se contentera de celui qu'il aura de reste, et sera aussi satisfait mutilé de ses membres, comme s'il était entier. Il ne désire point ce qu'il lui manque ; mais il aimerait mieux qu'il ne lui manquât rien. Aussi le contentement qu'il a de soi n'est pas tel qu'il ne veuille point avoir d'ami, mais que n'en ayant point il a moyen de s'en passer.
(traduction P. Du Ryer, Les Epîtres de Sénèque, 1659, p. 36)

  • dans la Manuductio ad stoicam philosophiam de Juste Lipse :
sapientem sibi sufficere, sive se solo contentum esse
(III, 10) (source : H. Busson, La Religion des classiques, 1948, p. 237)




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