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Ah, mon pauvre Scapin


"Ah ! mon pauvre Scapin, j’implore ton secours. SCAPIN, passant devant lui avec un air fier.- "Ah ! mon pauvre Scapin." Je suis "mon pauvre Scapin" à cette heure qu’on a besoin de moi. - Va, je te pardonne tout ce que tu viens de me dire, et pis encore si tu me l’as fait. - Non, non, ne me pardonnez rien. Passez-moi votre épée au travers du corps. Je serai ravi que vous me tuiez."
Les Fourberies de Scapin, II, 4

La subite palinodie de Léandre correspond au travers des "esprits faibles" que Machiavel décrit dans les Discours sur la première décade de Tite-Live :

XXXI
Les républiques puissantes et les grands personnages ont toujours un même visage en tout rencontre et font paraître la même dignité
[...]
Les esprits faibles se comportent autrement, car ils sont éblouis dans leur prospérité, attribuant tout le bien qu'ils ont aux vertus dont jamais ils n'eurent la moindre connaissance. [...] D'où vient ensuite le prompt changement de la fortune, laquelle, aussitôt qu'ils la voient telle qu'elle est, incontinent ils tombent dans l'autre défaut, empirant et perdant courage.
(Oeuvres de Machiavel, Paris, 1664, Seconde partie, p. 535)




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