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Ambousahim oqui boraf


" Ambousahim oqui boraf, Iordina salamalequi. [...] - Carigar camboto oustin moraf. - Oustin yoc catamalequi basum base alla moran. "
Le Bourgeois gentilhomme, IV, 4

Les faux ambassadeurs polonais qui se présentent à Hortensius au livre XI du Francion (1633) de Charles Sorel, en se faisant passer pour "une certaine grande dignité de son pays" font également usage d'une langue étrangère, en l'occurrence le latin :

Comme il finissait ce propos, les quatre Allemands qui s'étaient habillés en Polonais arrivèrent avec six flambeaux devant eux. Le plus apparent de la troupe, qui représentait l'ambassadeur, fit une profonde révérence à Hortensius, et ceux de sa suite aussi ; puis il lui fit cette harangue, ayant préalablement toussé et retroussé ses deux moustaches l'une après l'autre : "Mortuo Ladislao Rege nostro, Princeps invictissime, ce dit-il d'un ton fort éclatant,Poloni divino numine afflatti te regem suffragiis suis elegerunt, cum te justitia et prudentia adeo similem defuncto credant, ut ex cineribus illius quasi Phoenix alter videaris surrexisse. Nunc ergo nos tibi submittimus, ut habenas regni nostri suscipere digneris". Ensuite de ceci l'ambassadeur fit un long panégyrique à Hortensius, où véritablement il dit de belles conceptions [...] Dès que cet orateur eut fini, Hortensius le saluant par un signe de la tête qui montrait la gravité, lui répondit ainsi : "Per me redibit aurea aetas ; fit mihi populus bonus, bonus ero rex". Il ne voulut rien dire davantage alors, croyant qu'il ne fallait pas que les Princes eussent tant de langage, vu qu'un de leurs mots en vaut cinq cents. Les Polonais lui firent des révérences bien basses, et s'en allèrent après avec des gestes étranges, comme s'ils eussent été ravis d'admiration. L'un disait "O miraculum mundi ! 0 Rex Chrysostome, qualis pactolus ex ore tuo emanat". Et l'autre s'en allait criant : "O alter Amphion ! quot urbes sonus tuae vocis aedificaturus est". Ainsi ils sortirent, le comblant de louanges et de bénédictions, comme la future gloire de la Pologne.
(éd. de 1668, p. 320-321)

Dans L'Ambassadeur d'Afrique (1666) de Du Perche, Crispin, qui tient ce rôle, s'adresse dans des termes semblables à son valet :

UN VALET, en habit d'Africain
Ben dharlek

CRISPIN
Gooth dan kem cum vir
Salcardy bucdemek satir
Et voldrecam
(II, 5 p. 33)




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