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Applaudir à ce qu'ils font


"[...] j'éprouve que pour gagner les hommes, il n'est point de meilleure voie, que de se parer à leurs yeux de leurs inclinations; que de donner dans leurs maximes, encenser leurs défauts, et applaudir à ce qu'ils font. On n'a que faire d'avoir peur de trop charger la complaisance et la manière dont on les joue, a beau être visible, les plus fins toujours sont de grandes dupes du côté de la flatterie; et il n'y a rien de si impertinent, et de si ridicule, qu'on ne fasse avaler, lorsqu'on l'assaisonne en louange. La sincérité souffre un peu au métier que je fais: mais quand on a besoin des hommes, il faut bien s'ajuster à eux; et puisqu'on ne saurait les gagner que par là, ce n'est pas la faute de ceux qui flattent, mais de ceux qui veulent être flattés"
L'Avare, I, 1

L'idée correspond à celle qui était formulée en morale de la fable "Le Corbeau et le Renard", parue le 31 mars 1668 dans le recueil des Fables choisies mises en vers de Jean de La Fontaine.(1)

Elle sera reprise dans la comédie de L'Avocat sans pratique (1671) de Rosimond (2)

Voir aussi Don Garcie de Navarre : "flatter toujours le faible de leur coeur"


(1)

Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute.
( Livre I, p.5-6)

(2)

[...]
S'il [le Vieillard] ne connaît pas le piège que je dresse
Ne parlant pour lui - j'agis pour ma Maîtresse
Que savoir donner dans le faible des gens,
Un rare secret nécessaire à tout temps!
Surtout qu'à des valets ce talent est utile!
Dans les esprits tout leur devient facile [...]
(scène 4, éd. de 1692, p.7)




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