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Aux autres tout autant


"Mais qui m'assurera que, dans le même instant,
Vous n'en disiez peut-être aux autres tout autant ?"
Le Misanthrope, II, 1, v. 507-508

Un madrigal publié dans les Nouvelles Oeuvres (1672) de René Le Pays adressera la même question brutale à une coquette (1).

Le sujet de la confiance que l'on peut accorder en amour fait l'objet d'une série de questions d'amour

  • dans le recueil de Jaulnay (1671) (2)
  • au livre V (1660) de la Clélie des Scudéry (3).


(1)

Ne m'accusez point de caprice.
Si je vous quitte, Iris, je fais ce que je dois.
Trop de gens vivent sous vos lois ;
A votre humeur coquette enfin je rends justice ;
Près de vous j'ai goûté d'innocentes faveurs.
Mon coeur reconnaissant en garde la mémoire,
Mais votre procédé ne me fait-il pas croire
Que mes rivaux chez vous ont pareilles douceurs ?
Une amitié comme la vôtre
Me déplaît, s'il faut partager avec eux,
Et je trouve plus doux d'être seul malheureux
Que d'être heureux avec un autre.
(éd. A. de Bersaucourt, Paris, Bossard, 1925, p. 59)

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(2)

Q : Si l'on peut avoir la dernière assurance, ou la dernière certitude d'être aimé ?
R: On s'en flatte, du moins, mais les légèretés et les inconstances, si fréquentes, de l'un et de l'autre sexe, nous en doivent faire douter, même dans les moments les plus tendres de l'amour.
(Charles Jaulnay, Questions d'amour, ou Conversations galantes, dédiées aux belles, "De la confiance en amour", p. 33-34)

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(3)

Y a-t-il quelque chose de plus insupportable que d'avoir une maîtresse qui vous jure n'aimer que vous, et qui cependant en aime plusieurs, ou pour mieux dire n'en aime aucun, car une amour partagée n'est pas amour ?
(Clélie, V, 1, p. 101)




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