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Bas de soie


"Je vous ai fait un peu attendre, mais c’est que je me fais habiller aujourd’hui comme les gens de qualité ; et mon tailleur m’a envoyé des bas de soie que j’ai pensé ne mettre jamais."
Le Bourgeois gentilhomme, I, 2

De l'avis de La Mothe le Vayer, les bas de soie représentent un exemple caractérisé de luxe inutile :

Que ne pourrions-nous point dire de nos désordres là-dessus ? On n'avait jamais porté de bas de soie en France devant le règne de Henri Second, qui en prit un aux noces de sa soeur. Et je vois dans l'histoire de nos voisins, que la femme d'un Lopez de Padilla crut faire un fort beau présent au roi d'Espagne Philippe Second, lui envoyant de Tolède en Flandres un autre bas de soie. Qui est aujourd'hui l'artisan qui fasse difficulté d'en porter ? Et où sont les personnes qui ne commettent de mêmes excès en tout le reste de leurs habillements ? Cependant il n'y a point de plus sotte ambition que celle qui s'entretient de l'excrément d'un ver, de la toison d'une brebis et de la dépouille d'un castor ou d'une chèvre.
("Des habits et de leurs modes différentes", éd. des Oeuvres de 1669, t. VIII, p. 81).

(voir également "des souliers qui me blessent" et "mon habit")




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