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Bien des gens ont frondé cette comédie


"Bien des gens ont frondé d'abord cette comédie [...]."
L'Ecole des femmes, Préface.

Dans le compte-rendu qu'il donne de la représentation de L'Ecole des femmes, Loret emploie le terme "fronder" :

Pièce qu'en plusieurs lieux on fronde ;
Mais où pourtant va tant de monde [...].
(Loret, La Muse historique, lettre II du samedi 13 janvier 1663)

C'est également le terme que Donneau de Visé met dans la bouche d'un auteur dans les Nouvelles Nouvelles (1663) :

Ce n’est pas assez, me dit-il encore, que j’ai des gens qui viennent voir ma pièce, il faut que j’en ai encore qui en aillent dire du bien sur les autres théâtres, et qui aillent fronder les pièces nouvelles que l’on opposera à la mienne.
(t. III, p. 201)

Le terme recouvrirait une pratique précise :

Je vis il y a quelque temps, lui dis-je, des gens qui n’étant venus que pour perdre une pièce, la firent réussir. Ils en blâmèrent imprudemment les plus beaux endroits, raillèrent mal à propos, n’écoutèrent rien, ne firent que bailler (car c’est la coutume présentement de bailler pour montrer que l’on n’approuve pas). Toutes ces choses faites à contre-temps firent connaître leur dessein, l’on prit pitié de la pièce qui avait plus de beautés que de défauts, l’on vit bien qu’ils n’étaient venus que pour la perdre, ce qui fut cause que tous les gens d’esprit l’admirèrent, et la firent réussir en dépit d’eux.
(Ibid., p. 201-202)

L'abbé de Pure faisait, dans La Précieuse (1656-1658), un usage similaire de ce terme :

[P]our opprimer un si bel ouvrage dans sa naissance, [certaines femmes malicieuses] eussent fait une espèce de fronde, contre un nom le plus innocent du monde [...].
(éd. Magne, Paris, Droz, 1938, t. III, p. 277)




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