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Blanche magie


"Quoi ? te mêlerais-tu d'un peu de diablerie ?
- Non, tout ce que je sais n'est que blanche magie."
L'Etourdi, I, 4 (v. 139-140)

La distinction entre magie blanche et magie noire en matière de divination est usuelle (1). Les Egyptiens ont la réputation de pratiquer la seconde (2).

C'est ce que révèle la consultation de

  • Gabriel Naudé, Apologie pour tous les grands hommes qui ont été accusés de magie (1669)(première édition, 1653)
  • Kaspar Peucer, Les Devins ou Commentaire des principales sortes de devinations (1587)
  • Johann Wier, Cinq livres de l'imposture et tromperie des diables, des enchantements et sorcelleries (1569)


(1)

Selon K. Peucer

Il faut prudemment et religieusement distinguer les prédictions divines d'avec les superstitieuses engendrées par Satan.
(p. 8)

j'appelle devinations diaboliques toutes prédictions condamnées par expresse ordonnance de Dieu, ou qui ne sont approuvées par témoignages ni par exemples recevables de l'Ecriture Sainte, ou qui n'ont aucune cause en nature, soit qu'elles prennent origine immédiatement du malin esprit, et soyent conjointes avec une impiété manifeste, soit que la superstition, le mensonge reçu de longue main et la coutume les aient écloses, élevées, introduites et fortifiées au monde.
(ibid., p. 25)

Selon Naudé, il y a quatre sortes de magie :

La première est cette magie sacrée et divine. (G. Naudé, p. 20) [...] La seconde est la théurgique ou magie blanche, laquelle sous couleur de religion commande les jeûnes et abstinences, la pieté, pureté, candeur et integrité de vie, afin que l'âme qui veut avoir communication avec les déités supérieures ne soit en rien empêchée par son corps pollu et contaminé.(p. 22)

Mais elle peut être détournée, et alors

la connaissance et pratique de cet art de grimoire et magie diabolique, (...), nous doit être du tout suspecte et défendue, comme le principal instrument duquel le diable s'est tousjours servi pour usurper un honneur qui ne lui appartient pas, se faire idolâtrer par les hommes, et les détourner du service qu'ils doivent à leur créateur.
(p. 25)

(2)

Il y a une certaine forme d'affronteurs, laids de visage, vêtus de façon étrange, que les Grecs modernes nomment Attingans, les Allemands Zigeunes, et nous Egyptiens ou Bohémiens. On estime que les premiers sont sortis d'Egypte et des lieux voisins de Barbarie, où l'on fait tel ordinaire d'enchantements et de toutes telles sortes d'imposture que personne n'entreprend rien en tous ces pays-là qu'il n'en ait premièrement demandé avis aux devins, et tous les jours se trouvent des diseurs de mal-aventure en places, marchés et carrefours, qui attendent leur chaland, comme le savent et affirment ceux qui ont été en Alexandrie, au Caire, en Egypte, et en lieux voisins.
(K. Peucer, p. 245)

Cette magie perverse et défendue était tellement en vogue par toute l'Egypte, que l'on y arrivait des quatre coins du monde comme si c'eût été quelque académie, portique ou lycée, destiné seulement à faire valoir et enseigner cette idolâtrie, puisque nous voyons que les infidèles et lucianistes se fortifient de cette opinion, pour montrer que Moïse, qui, suivant les témoignages de l'Ecclésiaste, Josephe et Philon, avait été instruit en toute la sagesse des Egyptiens, s'était aussi servi de cette magie, qui lui était plus familière et connue qu'à pas un autre, pour faire ses miracles ; et que Jésus-Christ même l'avait pratiquée [...]
(G. Naudé, p. 28-29)

Il est encore très certain que les Egyptiens, superstitieux de leur nature, ont converti la religion en fables de vieilles et bouffonneries: et ont été très excellents en cette magie, à cause que principalement le service des Diables a été fort recommandé et observé chez eux.
(J. Wier, p. 67)




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