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C'est d'un autre objet que son coeur est épris


"Clitandre abuse vos esprits,
Et c'est d'un autre objet que son cœur est épris.
– Vous raillez. Ce n'est pas Henriette qu'il aime?
– Non, j'en suis assurée. – Il me l'a dit lui-même.
[...] Henriette, entre nous, est un amusement,
Un voile ingénieux, un prétexte, mon frère,
À couvrir d'autres feux dont je sais le mystère,
Et je veux bien tous deux vous mettre hors d'erreur.
– Mais puisque vous savez tant de choses, ma sœur,
Dites-nous, s'il vous plaît, cet autre objet qu'il aime.
Vous le voulez savoir? – Oui. Quoi? – Moi. – Vous? – Moi-même."
Les Femmes savantes, II, 3, v.

Une situation semblable était développée dans Les Visionnaires (1637) de Desmarets de Saint-Sorlin (voir également "Dorante, Damis, Cléonte, et Lycidas" et "le détour est d'esprit").

Hespérie prétend elle aussi reconnaître une ruse dans la cour que fait un amoureux auprès de sa soeur :

HESPERIE
Ma soeur, dites le vrai : que vous disait Phalante ?

MELISSE
Il me parlait d'amour.

HESPERIE
Ô la ruse excellente!

Donc il s'adresse à vous, n'osant pas m'aborder ;
Pour vous donner le soin de m'en persuader?

MELISSE
Ne flattez point, ma soeur, votre esprit de la sorte.
Phalante me parlait de l'amour qu'il me porte :
Que si je veux fléchir mon coeur trop rigoureux,
Ses biens me pourront mettre en un état heureux.
Mais quoi! jugez, ma soeur, quel conseil je dois prendre ;
Et si je puis l'aimer, aimant un Alexandre.

HESPERIE
Vous pensez m'abuser d'un entretien moqueur,
Pour prendre mieux le temps de le mettre en mon coeur
Mais, ma soeur, croyez-moi, n'en prenez point la peine.
(II, 2, p. 16)




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