[retour à un affichage normal]

Accueil > Outils > C'est l'honneur qui les doit tenir

C'est l'honneur qui les doit tenir


"C'est l'honneur qui les doit tenir dans le devoir,
Non la sévérité que nous leur faisons voir. [...]
Et je ne tiendrais moi, quelque soin qu'on se donne,
Mon honneur guère sûr aux mains d'une personne;
À qui, dans les désirs qui pourraient l'assaillir,
Il ne manquerait rien qu'un moyen de faillir."
L'Ecole des maris, I, 2 (v. 169-178).

De même que les considérations émises par Sganarelle à la fin de la scène ("quelle belle famille"), les propos contenus dans cette réplique trouvent leur origine dans un passage des Adelphes de Térence :

Pudore et liberalitate liberos
Retinere satius esse credo quam metu.
[...]
Malo coactus qui suum officium facit,
Dum id rescitum iri credit, tantisper cavet,
Si sperat fore clam, rursum ad invenium redit.
Ille quem beneficio adjungas ex animo facit.
Studet par referre, praesens absensque idem erit.
(I, 2, v. 57-58 et 69-73)

Il faut retenir les enfants plutôt par l'honneur et le devoir que par l'appréhension et la peine.
[...]
Celui qui fait son devoir par contrainte ou par l'appréhension de la peine se retient un peu, losrqu'il croit que, s'il fait quelque faute, il sera découvert; mais, s'il espère pouvoir se cacher, il retourne aussitôt dans la corruption de son naturel.
(Comédies de Térence traduites en français, Paris, Veuve Durand, 1647)

L'idée est également formulée dans l'essai III, 5 ("Sur des vers de Virgile") de Montaigne :

J'ay aperçeu (car autant de maisons, autant de divers stiles et formes) que les dames qui ont voulu donner aux filles de leur suite les reigles plus austeres, n'y ont pas eu meilleure advanture. Il y faut de la moderation; il faut laisser bonne partye de leur conduite à leur propre discretion: car, ainsi comme ainsi, n'y a il discipline qui les sçeut brider de toutes parts. Mais il est bien vray que celle qui est eschappée, bagues sauves, d'un escolage libre, aporte bien plus de fiance de soy que celle qui sort saine d'une escole severe et prisonniere.
(Montaigne, essai III, 5)




Sommaire | Index | Accès rédacteurs