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C'est trop de la moitié


"Je lui faisais des dons; mais avec modestie,
Il me voulait toujours en rendre une partie.
C'est trop, me disait-il, c'est trop de la moitié,
Je ne mérite pas de vous faire pitié."
Le Tartuffe, I, 5, v. 293-296

Le refus de l'aumône par le futur personnage impatronisé est une des péripéties constitutives du soggetto de commedia dell'arte "Il Basilisco di Berganasso" :

  • dans le scenario "Il Basalisco del Barnagasso" du recueil napolitain (manuscrit de la fin du XVIIe siècle) (1)
  • dans le scenario "Il Basalisco del Barnagasso d'altro modo" du recueil napolitain (manuscrit de la fin du XVIIe siècle) (2)
  • dans le scenario "Il Basilisco" de la Vaticana (manuscrit non daté, rédigé aux alentours du milieu du XVIIe siècle) (3)

Egalement dans "Le Dragon de Moscovie", version française du "Basilisco", jouée sur le Théâtre italien de Paris à une date indéterminée, d'après les notes de l'Arlequin Biancolelli (4)

L'ostentation dans les bonnes oeuvres est condamnée dans l'Evangile selon saint Matthieu (5)


(1)
ATTO PRIMO
[...]
Scena 7
Policinella e detto
[...] Lelio fa il soliti lazzi colla stanga, poi fa il lazzo solito delle monete, e fatto più volte questa, Policinella lii domanda il nome ; quello dice chiamarsi Basalisco del Barnagasso ; Policinella sempre fa suoi lazzi, poi li domanda si vuol stare con lui.
("Gibaldone de' soggetti da recitarsi all'impronto alcunij proprij e gl'altri da diversi, raccolti di D. Anibale Sersale Conte di Casamarciano", Ms cote AA.XI.40, Biblioteca Nazionale, Napoli, s. d.)

(2)

ATTO PRIMO
[...]
Scena 7
Policinella e detto
[...] Non s'accorge d'Alfonso, quale dopo lazzi li cerca l'elemosina e fanno la scena di questo ad un par mio, si replica questa scena più volte, e termina colla borsa delli venti docati. Alfonso [i. e. le Basalisco] fa li soliti lazzi del misero tornese e li restituisce la borsa. Policinella, ammirato di questo, li dice se vuol stare con esso, e come si chiama; lui risponde di si, e chiamarsi Basalisco del Barganasso.
("Gibaldone de' soggetti da recitarsi all'impronto alcunij proprij e gl'altri da diversi, raccolti di D. Anibale Sersale Conte di Casamarciano", Ms cote AA.XI.40, Biblioteca Nazionale, Napoli, s. d.)

(3)

ATTO PRIMO
[...]
Scena sesta
Flavio in disparte e Pulcinella con lettera
[...]
Flavio [i. e. le Basilisco] torna e chiede la carità (raconta l'assassino), essere tre giorni che non ha mangiato, etc. Pulcinella gli dà mezzo scudo con fare il suo conto, etc. Lazzi sulla moneta. Parte Flavio e guarda torto due o tr volte Pulcinella, lazzi di questo, torna Flavio, dà una bastonata a Pulcinella dicendo essere poca la carità. Pulcinella gli dà tre scudi. Scena come prima, torna Flavio, e restituisce denari e borza a Pulcinella, dice bastargli un soldo per campare. Lazzi di Pulcinella, essere un birbante galantuomo, etc. Gli chiede se servirebbe volentieri, Flavio di si, Pulcinella che l'accetterà in sua casa.
(codice Vaticano Latino 10244, Biblioteca Vaticana, p. 126)

(4)

Je lui présente un quart d'écu, il le prend et s'écrie qu'il est bien malheureux et donne des marques de désespoir; je lui en demande la raison, il me répond qu'un sol lui suffit, et qu'un écu est capable de le faire tomber dans le désordre, qu'avec autant d'argent, le démon lui inspirerait peut-être d'aller chez des femmes dérangées ou de jouer dans la maison où il doit coucher, et me force de reprendre le quart d'écu que je lui ai donné ; je dis alors : "Voilà un honnête homme !" et je lui donne un sol
(éd. D. Gambelli, Arlecchino a Parigi. Lo scenario di Domenico Biancolelli, Rome, Bulzoni, 1993, t. II, p. 141)

(5)

Prenez bien garde de ne faire pas vos bonnes oeuvres devant les hommes pour en être regardés. Autrement vous n'en recevrez point la récompense de votre Père qui est dans le Ciel.
Lors donc que vous donnerez l'aumône, ne faites point sonner la trompette devant vous, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les places publiques pour être honorés des hommes. Je vous dis en vérité qu'ils ont déjà reçu leur récompense.
Mais lorsque vous ferez l'aumône, que votre main gauche ne sache point ce que fait votre main droite, afin que votre aumône se fasse en secret et votre père qui voit ce qui se passe dans le secret vous en rendra lui-même la récompense.
(Evangile selon Saint Matthieu, 6, 1-3, Le Nouveau Testament de Notre Seigneur Jésus Christ, trad. Lemaistre de Sacy, 1667, t. I, p. 18-19) (source : G. Hall, Comedy in Context : Essays on Molière, University Press of Mississippi, 1984, p. 156)

(voir également "il faisait des soupirs")




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