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C'est un vrai dragon


"[...] ma femme est terrible avecque son humeur.[...]
Pour peu que l'on s'oppose à ce que veut sa tête,
On en a pour huit jours d'effroyable tempête.
Elle me fait trembler dès qu'elle prend son ton.
Je ne sais où me mettre, et c'est un vrai dragon."
Les Femmes savantes, II, 9 (v. 664-672)

La réputation selon laquelle les femmes savantes sont acariâtres et colériques est un lieu commun, illustré entre autres dans

  • Le Cercle des femmes (1656) de Chappuzeau :
HORTENSE
Elle a bien fait de me refuser. Je me garderai bien de mettre dans ma maison une femme si savante. Elle serait à toute heure à argumenter contre moi.
(p. 30)

  • L'Académie des femmes (1656) de Chappuzeau :
J'aurais pris un cerbère et non pas une femme,
Elle aurait à toute heure ergoté contre moi,
Et de belle hauteur m'aurait donné la loi,
Oh Dieu, qu'allais-je faire et si cette âme vaine
M'eût pris enfin au mot, quelle eût été ma peine !
Dieu me garde d'avoir jamais dans mon donjon
Une femme qui lit Descartes et Casaubon.
(éd. de 1661, I, 5, p. 13)

  • le traité De l’éducation des dames (1674) de Poullain de la Barre :

Ce ne serait pas un fort grand bien pour les femmes de devenir habiles comme les hommes. Au contraire selon votre livre même, on leur nuirait beaucoup de leur en donner le moyen, puisqu’elles perdraient toutes ces excellentes qualités que la première partie leur attribue [..]. Vous savez mieux que moi, poursuivit-il, quelles altérations la méditation et l’étude produisent dans ceux qui s’y appliquent. […] On s’entête, on se préoccupe et l’on prend un esprit de contradiction et de chicane. Or les femmes étant d’un tempérament plus délicat que les hommes, elles seraient bien plus susceptibles de mauvaises impressions.
(p. 12)

  • le traité De l’égalité des deux sexes (1674) du même :
Ce n'est donc que sur une terreur panique qu'est fondée l'imagination bizarre qu'a le vulgaire, que l'étude rendrait les femmes plus méchantes et plus superbes. Il n'y a que la fausse science capable de produire un effet si mauvais.
(éd. de 1676, p. 134-135)




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