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Cavé


Dans La Muse de la Cour dédiée à Monseigneur le Dauphin (XXVIII Semaine) du 2 décembre 1666, Subligny évoque les vertus de ce breuvage proprement turc qu'est le café (ou "Cavé") :

Adieu : j’ai si mal à la tête
Que je ne sais où me tourner
Et que le mal ici m’arrête.
On ordonne de me saigner,
Mais je suis peu pour la saignée ;
J’aime mieux prendre du KAVÉ [sic.]
Qui guérit en moins d’un AVÉ,
Quand le reste ne peut guérir en une année.
Ce mot de KAVÉ vous surprend ;
C’est une liqueur Arabesque,
Ou bien, si vous voulez, TURQUESQUE,
Que dans le LEVANT chacun prend ;
On s’en sert en AFRIQUE, on s’en sert en ASIE,
Elle a passé dans l’ITALIE,
En HOLLANDE et chez les ANGLAIS,
Où l’on la trouve fort utile ;
Et des ARMEMENTS, qui sont en cette ville,
L’apportent encore aux FRANCAIS.
Sa vertu n’a point de pareille,
Tout le monde s’en aperçoit,
Et surtout pour la femme elle opère merveille
Quand c’est le mari qui le boit.

Des années plus tard, si l'on en croit Robinet dans sa Lettre du 4 octobre 1670, l'Ambassadeur de la Sérénissime auprès du sultan sera, au cours de sa réception au Diwân par le Grand Vizir, régalé du même breuvage accompagné d'un plat typiquement ottoman traditionnellement servi en accompagnement et déjà évoqué par la Gazette :

Ensuite, le Premier Vizir,
Qui fait tout, selon son plaisir,
Auprès du Grand Seigneur, qui l’aime,
Presque plus que son Diadème,
Le régala, ce marque-t-on,
D’une belle Collation,
Dont étaient, pour bonne Pâtures,
Et pour friandes Confitures,
Le Café, Tabac, et Sorbet,
Que le Turc aime tout à fait [...].




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