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Ce péril dont tous deux nous avons sauvé vos charmes


"Reprochez-vous, Madame, à nos justes alarmes
Ce péril dont tous deux avons sauvé vos charmes ?
J'aurais pensé pour moi qu'abattre sous nos coups
Ce sanglier qui portait sa fureur jusqu'à vous,
Etait une aventure (ignorant votre chasse)
Dont à nos bons destins nous dussions rendre grâce."
La Princesse d'Elide, I, 3 (v. 265-270)

Au début du roman Alcidamie (1661) de Mlle Desjardins, Théocrite terrasse un sanglier qui menace une belle inconnue :

Un furieux sanglier sortit tout écumant de rage d’un lieu fort proche de celui où était l’inconnue et, courant promptement à elle, il l’eût infailliblement atteinte, avant qu’elle eût eu le temps de se lever de sa place, si le Ciel n’eût permis que Théocrite se fût trouvé là pour l’en empêcher. Cet illustre étranger n’avait pas plus tôt aperçu le sanglier qu’il était couru comme in désespéré au-devant de ce furieux animal, et tirant un cimeterre qu’il portait à son côté, il s’était tenu ferme à son passage, et avait même été si heureux que le sanglier, qui, dans sa furie se jetait à tout ce qu’il se rencontrait, s’était élancé sur lui si inconsidérément qu’il s’était enferré de lui-même, et s’était mis le cimeterre de Théocrite jusqu’à la garde dans le corps. Cette monstrueuse bête, se sentant blessée, fit un effort pour se jeter sur Théocrite et, montrant des défenses d’une grandeur prodigieuse, elle semblait en devoir dévorer le vaillant défenseur de la belle inconnue.
(p. 11)

La tragédie Méléagre (1624) d'Alexandre Hardy proposait une situation inverse : l'héroïne Atalante, après avoir donné le coup fatal à un sanglier, se voyait jalousée et menacée par deux princes frustrés dans leur virilité de cette victoire sur la bête.




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