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Ces fonds officieux


"Ces fonds officieux qu'avec art on se donne,
Qui reçoivent si bien ce qu'on leur abandonne.
[...]
Et comme avec un champ fuyant, vague et léger,
La fierté de l'obscur sur la douceur du clair
Triomphant de la toile, en tire avec puissance
Les figures que veut garder sa résistance,
Et malgré tout l'effort qu'elle oppose à ses coups,
Les détache du fond, et les amène à nous."
La Gloire du Val-de-Grâce, v. 175-186

Les mêmes idées sur l'usage des fonds en peinture étaient développées dans L'Art de peinture traduit en français de Dufresnoy :

Enfin vous ménagerez si bien les couleurs, les clairs et les ombres, que vous ferez paraître les corps éclairés par des ombres qui arrêtent votre vue, qui ne lui permettent pas sitôt d'aller plus loin, et qui la font reposer pour quelque temps et réciproquement vous rendrez les ombres sensibles par un fond éclairé.
[...]
Quand des corps solides, sensibles au toucher et opaques se trouvent sur des champs lumineux et transparents, comme sont le ciel, les nuées, les eaux, et toute autre chose vague et vide d'objets différents, ils doivent être plus âpres et plus marqués que ce qui les entoure, afin qu'étant plus forts par le clair et l'obscur, ou par des couleurs plus sensibles, ils puissent subsister et conserver leur solidité parmi ces espèces aérées et diaphanes, et qu'au contraire ces fonds, qui sont, comme nous avons dit, le ciel, les nuées et les eaux, étant plus clairs et plus unis, ils s'en éloignent davantage.
(p. 28-31)




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