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Ces sociétés déréglées


"Ces sociétés déréglées
Qu'on nomme belles assemblées
Des femmes tous les jours corrompent les esprits :
En bonne politique on les doit interdire
Car c'est là que l'on conspire
Contre les pauvres maris."
L'Ecole des femmes, III, 2 (v. 784-789)

Plus haut, Arnoplhe s'indignait à l'idée d'une épouse "que visiteraient marquis et beaux esprits".

Dans Le Saint Mariage (1682), on lit une instruction similaire :

L’Homme et la femme sont des animaux sociables, ils désirent la compagnie, et le divertissement [..] Il est certain que comme il n’y a rien de plus important aux femmes que de savoir choisir les bons esprits pour la conversation, aussi n’y a-t-il rien de plus difficile : pour ce sujet, les vertueuses apportent de grandes précautions à ce choix, elles préfèrent toujours ces compagnies, auxquelles avec le divertissement d’une honnête conversation, elles espèrent d’apprendre les lois d’une vie sainte et chrétienne. »
(Le Saint Mariage, ou Instructions chrétiennes, qui apprennent aux personnes mariées à vivre saintement et heureusement dans cet état, par un Religieux de l’Ordre de Saint François, Paris, Pierre de Bats, 1682, p. 161-162)

Saint Grégoire le Grand assure que sa tante Gordiane, qui avait fait profession de suivre les règles de dévotion avec ses autres tantes, se relâcha, et enfin se perdit par la trop fréquente conversation des filles mondaines : qu’eût-elle fait, parmi les discours des vicieuses et les légèretés des jeunes folâtres ?

Si les femmes prenaient autant de soin à fuir les compagnies dangereuses, si elles prenaient autant de soin à conserver leur vertu, comme pour conserver leur visage, et autant de précautions pour fuir les occasions de devenir vicieuses, que pour fuir celles de devenir laides et désagréables, nous aurions plus de saints mariages que nous n’en avons.
(Ibid., p. 163-164)




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