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Cette bourrasque imprévue


"Nous avons manqué notre coup, Sganarelle, et cette bourrasque imprévue a renversé avec notre barque le projet que nous avions fait ; mais à te dire vrai, la paysanne que je viens de quitter répare ce malheur, et je lui ai trouvé des charmes qui effacent de mon esprit tout le chagrin que me donnait le mauvais succès de notre entreprise. Il ne faut pas que ce cœur m'échappe, et j'y ai déjà jeté des dispositions à ne pas me souffrir longtemps de pousser des soupirs. - Monsieur, j'avoue que vous m'étonnez; à peine sommes-nous échappés d'un péril de mort, qu'au lieu de rendre grâce au Ciel de la pitié qu'il a daigné prendre de nous, vous travaillez tout de nouveau à attirer sa colère par vos fantaisies accoutumées"
Don Juan ou le Festin de pierre, II, 2

Le Festin de pierre de Dorimond, Le Festin de pierre de Villiers et les Notes de Biancolelli sur le Festin de pierre présentent, à la sc. IV, 2, Don Juan et son valet échappés d'un naufrage. Dans les deux comédies françaises, le péril de mort amène le héros à se repentir de ses forfaits l'espace d'un instant.

Une péripétie semblable figurait également dans la Rosaure impératrice de Constantinople, comédie italienne à grand spectacle jouée au Petit-Bourbon en 1658 :

Ici la scène se change en une mer sur laquelle le comte et son valet, ayant aperçu un vaisseau, ils entrent dedans, et tout aussitôt la mer grossit et l'air se trouble à tel point que dans les agitations des vents et l'élévation des flots, ce vaisseau disparaît avec le comte et son valet Scaramouche.
(Acte second, reproduction de l'Argument de 1658 dans L'Histoire du théâtre français (1753) des Frères Parfaict, p. 44)




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