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Cette sécheresse étrange où l'on nous fait languir


"Car enfin, peut-on rien voir de plus cruel, que cette rigoureuse épargne qu'on exerce sur nous? que cette sécheresse étrange où l'on nous fait languir?."
L'Avare, I, 2

Le manque de ressources accordé aux enfants est dénoncé

  • par les sermonnaires :

    • Bourdaloue, dans son sermon "Sur l'état de mariage" :

Non pas qu'il n'y ait de ces pères et de ces mères insensibles et durs, qui tout occupés d'eux-mêmes semblent méconnaître leurs enfants et les laissent manquer des secours les plus nécessaires, tandis qu'ils ne refusent rien à leur propre personne de tout ce qui peut contenter leur mondanité et leur sensualité.
(Oeuvres, éd. de 1833, t. V, p. 71)

    • le Père Lejeune, dans son sermon XLIX sur "Les devoirs des pères et mères envers leurs enfants"
    Il s'en trouve d'autres qui manquent à ce premier devoir par une disposition toute contraire à la profusion, par un esprit d'avarice et de cupidité insatiable : ce mauvais riche est si fort attaché aux biens de ce monde qu'il est impossible de lui rien faire débourser pour l'entretien nécessaire et l'honnête éducation de ses enfants [...] Il ne considère pas que la pauvreté engendre quelquefois le malheur; que la nécessité est une rude maîtresse; que le mépris qu'il fait de ses enfants et le besoin où il les laisse sera cause qu'ils se perdront et temporellement et spirituellement; que quelque homme ou quelque bête farouche les écrasera ; que cette fille, se voyant négligée de son père, se mettra en service pour tâcher de faire fortune, qu'elle tombera en la puissance d'un homme de mauvaise vie, qui la débauchera et la perdra; que ce garçon quittera le pays pour trouver en une province étrangère la nourriture qui lui est refusée en sa maison paternelle, qu'il se trouvera en mauvaise compagnie, qu'il fera mal avec les méchants, qu'il sera repris de justice.
    (Le Missionnaire de l'Oratoire, ou Sermons pour les avents, carêmes et fêtes de l'année par le P. Le Jeune, dit le P. aveugle, Toulouse, 1662, in Collection intégrale et universelle des orateurs sacrés publiés par l'abbé Migne, 1844-1866, t. III, p. 553)

  • dans La Mère coquette (1665) de Quinault :
Si j'ai quelque chagrin, c'est de sa dureté,
De lui voir chaque jour retrancher ma dépense.
(I, 3, p. 159)

  • dans la conversation "De l'avarice" (Conversations morales, 1686) de Madeleine de Scudéry :
Ah ! reprit Parthénice en riant, un avare mort n'incommode guère ses héritiers ; mais un père avare et vivant, qui élève mal ses enfants par avarice, parce qu'il choisit les collèges, les gouverneurs et les académies à bon marché, et qui ne leur acquiert pas un ami, est pour eux un plus grand malheur que d'avoir eu pour père, comme vous, un honnête homme libéral.
(p. 689)




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