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Cette tyrannie de Messieurs les maris


"C'est une chose merveilleuse que cette tyrannie de Messieurs les maris, et je les trouve bons de vouloir qu'on soit morte à tous les divertissements, et qu'on ne vive que pour eux."
Georges Dandin, II, 2

L'attitude des maris, "ces gens qui font les esclaves auprès de nous pour devenir un jour nos tyrans", était fréquemment dénoncée dans La Précieuse (1656-1658) de l'abbé de Pure :

Mais je vous supplie, Mesdames, de vous permettre de vous dire que, nonobstant le respect que je pouvais avoir pour mon mari, je sépare ce que je suis de ce que je pourrais être et la condition de mariée de celle de fille, et qu'enfin je crois pouvoir justement distinguer par ces deux mots d'esclavage et de liberté. Car enfin, et c'est où je veux en venir, y a-t-il une tyrannie au monde plus cruelle, plus sévère, plus insupportable que celle de ces fers qui durent jusqu'au tombeau ?
(t. I, p. 281)

Les tyrans exercent-ils plus de tyrannie ? sont-ils plus sévères ? sont-ils plus cruels et plus persécutants ? Mais ce n'est pas encore là où s'arrête la dureté de ce tyran qu'on appelle mariage.
(t. I, p. 284)

son père [...]pour la perdre avec plus de prétexte et moins de reproche, il lui donne un roi, un maître et un tyran, dont il la rend sujette, servante et esclave, mais d'une sujétion, d'une servitude et d'un esclavage insupportables.
(t. II, p. 268)

ainsi de toutes parts vous verrez un concours échauffé qui troublera l'obstination des hommes, confondra la tyrannie des maris, et relèvera l'empire de notre sexe
(t. II, p. 272)

Elle avait fait l'objet d'une pièce humoristique ("Placet des amants aux maris fâcheux") dans le Nouveau recueil de plusieurs et diverses pièces galantes de ce temps (1665), p. 21sq.




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