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Ceux qui craignent la colique


"La bière est un séjour par trop mélancolique
Et trop malsain pour ceux qui craignent la colique."
Le Cocu imaginaire, sc. XVII, v. 433-434

Molière reprend, en le modifiant, un vers du Jodelet duelliste (1652) de Paul Scarron :

Que ne m'as-tu percé d'un grand couteau le flanc
Plutôt que de m'avoir, d'oeillade meurtrière,
Réduit au triste état de croire que la bière
(Qu’on dit être un séjour mal sain et catherreux)
Serait à moi, chétif, un séjour bienheureux.
(II, 2, p. 21)

La rime appariant « mélancolique » à « colique » ressortit au même procédé burlesque que celle qui est proposée pour "transpercé la bedaine".

L'accès de colique était un jeu de scène classique de l'Arlequin Domenico Biancolelli, actif sur la scène du Théâtre italien durant les années 1660, qui en usait volontiers lorsqu'il se trouvait dans une situation délicate, menaçant son intégrité physique :

Le Docteur à son tour me demande ce que c'est que la philosophie, je réponds en riant : "Ah, ah, à moi me demander ce que c'est que la philosophie, à moi ?"; alors je feins d'avoir la colique et dis : "Mes malades m'attendent".
("Le Médecin volant", éd. D. Gambelli, Arlecchino a Parigi. Lo scenario di Domenico Biancolelli, Rome, Bulzoni, 1993, t. II, p. 217)

Cinthio survient; sitôt que je le vois avec une épée à son côté, je dis "Ohimé, j'ai une colique effroyable", et je veux sortir.
("Le Monde renversé", p. 506)

Trivelin [...] me dit qu'il faut que je feigne d'avoir une grande colique, de grandes douleurs; Octave arrive, il me dit : "Pauvre garçon, qu'as-tu pour te plaindre ainsi ?"
("Les Trois Faux Turcs", p. 226)




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