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Comme du fumier


"Qui suit bien ses leçons, goûte une paix profonde,
Et comme du fumier, regarde tout le monde."
Le Tartuffe, I, 4 (v. 271-272)

La formule paulinienne (1), reprise par saint Augustin (2), est fréquemment invoquée dans la littérature religieuse du XVIIe siècle. On la retrouve dans :

  • L'Imitation de Jésus-Christ (1656) de Pierre Corneille (3)
  • les Instructions chrétiennes (1671) d'Antoine Singlin (4)
  • les Mémoires pour servir à l'histoire de Port-Royal de Nicolas Fontaine, publiés en 1736 (5)
  • les Conférences de la Mère Angélique de saint Jean Arnauld sur les constitutions du monastère, publiées en 1760 par Dom Clémencet (6)
  • Le Prédicateur de l'amour de Dieu du Père Jean-Joseph Surin (1600-1665), publié à titre posthume en 1799 (7)

Elle est alléguée par La Mothe le Vayer dans son dialogue "De la divinité" (Cinq dialogues faits à l'imitation des Anciens, s. d.), où elle est associée à une autre citation de saint Paul invitant à être "sage avec sobriété" (8)


(1)
Verumtamen existimo omnia detrimentum esse propter eminentem scientiam Jesu Christi Domini mei ; propter quem omnia detrimentum feci, et arbitror ut stercora, ut Christum lucrifaciam.
Tout me semble une perte au prix de cette haute connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour l'amour duquel je me suis privé de toutes choses et je les regarde comme des ordures, afin que je gagne Jésus-Christ.
("Epître aux Philippiens", III, 8 , Le Nouveau Testament de Notre Seigneur Jésus Christ, trad. Lemaistre de Sacy, 1667, t. II, p. 213)

(2)

Quae mihi fuerunt, inquit, lucra, haec propter Christum damna esse duxi; nec solum detrimenta, verum etiam stercora existimavi esse, ut Christum lucri facerem.
(De civitate dei, 1, 4)

(3)

Vraiment sage est celui dont la vertu resserre
Autour du vrai bonheur l' essor de son esprit,
Qui prend pour du fumier les choses de la terre,
Et qui se fait la guerre
Pour gagner Jésus-Christ.
(I, 3, v. 306)

(4)

Jésus-Christ dit néanmoins :"Ce qui est grand devant les hommes est en abomination devant Dieu". Et c'est dans cet esprit que saint Paul compare au fumier les actions les plus zélées qu'il avait faites dans le judaïsme : Arbitratus sum ut stercora.
(éd. de 1744, p. 179)

(5)

On conseille encore de ne point laisser passer une heure sans lui [Jésus-Christ] demander son amour, la grâce de désirer et d'aspirer sincèrement à la vie éternelle et d'estimer tout le monde comme du fumier, à l'imitation de saint Paul, pour gagner Jésus-Christ.
(t. II, p. 456)

(6)

Que doit faire l'homme qui a trouvé un tel trésor ? Saint Paul ne le cherchait pas ; au contraire, il s'en éloignait; mais que fait-il après l'avoir trouvé ? Il nous l'apprend lui-même, quand il dit que ce qui lui était un bien et un avantage selon le monde, lui a paru moins que du fumier et qu'il en a estimé la perte comme un gain, pour posséder Jésus-Christ.
(t. II, p. 373]

(7)

Saint Paul disait : "Je regarde toutes choses comme de l'ordure, pour avoir Jésus-Christ" [...] Je ne pourrais avoir Jésus-Christ, si ce qui est terrestre me paraissait avoir plus de prix que de la boue et du fumier.
(éd. de 1813, p. 38)

(8)

Nous voyons qu'en la lettre aux Philippiens, il déclare toute autre doctrine que celle de Jésus-Christ préjudiciable et qu'il fait litière de toute autre science que celle qu'il tient du ciel, omnia arbitratus detrimenta, ac stercora, propter eminentiam scientiam Christi.
(éd. de 1716, p. 336)




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