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Comme il en faut user


"Jamais contre un pécheur ils n'ont d'acharnement.
Ils attachent leur haine au péché seulement,[...]
Voilà mes gens, voilà comme il en faut user,
Voilà l'exemple enfin qu'il se faut proposer."
Le Tartuffe, I, 5, v. 397-400

L'attitude que vante Cléante correspond à celle que défend Guez de Balzac dans un discours publié au second tome ses Oeuvres de 1665 :

Des précautions qu'il faut prendre pour réformer les hommes
Je n'approuve point le péché, mais je souffre quelque chose de l'intimité humaine. Je tolère ce que je ne puis corriger, je ne donne point l'alarme à celui que je veux prendre : je l'avertirais de s'enfuir. Je l'embarque sans lui déclarer où je le mène, et je lui ferai faire un voyage, quoiqu'il ne pense que faire une promenade. C'est ainsi que la Vertu se glisse et s'insinue en l'âme des hommes. Il faut les tromper pour leur propre bien, et les engager par une action. Ce sera pour le moins ni gage que nous aurons d'eux, que peut-être ils ne voudront pas perdre, et qui les obligera d'achever le reste.
J'ai de bons désirs qui peuvent produire de bons effets : j'exhorte mon prochain à la même chose : autant de vices que je lui fais quitter, sont autant de pas que je lui fais faire vers la vertu, de laquelle il sera toujours moins éloigné au deuxième degré qu'au premier, et lorsque son affection commencera à se remuer que quand elle demeurait immobile. Il faut que notre volonté soit vertueuse, et nos mœurs suivront notre volonté. Il faut que le cœur reçoive la vie, pour la communiquer aux autres parties. Nous devons avoir de bons desseins, s'il n'est pas encore en notre puissance de faire de bonnes œuvres.
("La dernière objection du chicaneur réfutée", éd. de 1834, p. 541 )




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