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Comme une chose indigne


"[...] que les belles âmes
Sont bien loin de brûler de ces terrestres flammes!
Les sens n'ont point de part à toutes leurs ardeurs,
Et ce beau feu ne veut marier que les cœurs.
Comme une chose indigne, il laisse là le reste."
Les Femmes savantes, IV, 2 (v. 1200-1205)

Les Progrès de la vie spirituelle, selon les différents états de l'âme (1675) de François Guilloré manifestent un mépris semblable pour ce qui est de l'ordre de la créature :

Sur le dégoût et sur le mépris des créatures.

Ce n'est pas assez que Dieu, pour attirer l'âme à une parfaite conversion de cœur en ait amolli la dureté par divers sentiments [...] Il faut encore qu'il la dépouille de ce qui serait capable de l'appesantir et de l'arrêter.
[...]
Je commence par le dépouillement des créatures, auquel toutes les raisons nous obligent, pour en avoir le dégoût et pour en faire le mépris ;car à un cœur bien fait, bien désabusé, et bien pur le seul nom de créature fait mal et cause un soulèvement, tant il conçoit par expérience qu'elle est ennemie de son bonheur et que c'est assez d'y être attaché, pour être malheureux.

Et je vous l'avoue que c'est aussi une conduite de Dieu bien douce que les créatures soient souvent notre supplice , en nous étant insupportables. Cet emploi qu'elles ont de nous faire souffrir, et de nous purifier, est saint et obligeant, parce que jamais elles ne nous font mieux que quand leur usage nous tourmente ; car de traîner avec les créatures , ah ! que c'est une chose misérable et que l'on connaît bien ce qu'on est dans toutes ces malheureuses conversations.
(éd. de 1687, p. 116-117)

(voir également "du commerce des sens nette et débarrassée" et "un feu pur")




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