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Corps pour corps


"Et comme à m'épouser sa fortune l'appelle,
Je prétends corps pour corps, pouvoir répondre d'elle."
L'Ecole des maris, II, 1 (v. 127-128)

La doctrine paulinienne de la correspondance "corps pour corps" de l'époux et de l'épouse sera exposée dans le Traité de la jalousie (1674) d'Antoine Courtin :

[...]. L’apôtre, pour confirmer l’égalité de l’homme et de la femme, a donné à la femme la même puissance sur le corps de son mari qu’il a donné au mari sur le corps de sa femme. Le corps de la femme, dit Saint Paul, n’est point en sa puissance, mais en celle du mari. De même le corps du mari n’est point en sa puissance, mais en celle de la femme. Et ainsi ils sont égaux en pouvoir l'un sur l'autre.
Nous répondons que c'est aussi très mal entendre les paroles de saint Paul, qui donnent un pouvoir réciproque au mari et à la femme sur le corps l'un de l'autre, en l'entendant d'une égalité de pouvoir en toutes choses. Car cette dépendance réciproque ne regarde que la couche nuptiale et le devoir auquel les personnes mariées sont obligées l’une envers l’autre. [...] il y a grand péché de refuser le devoir du mariage sans excuse légitime, lorsque l'autre partie le requiert instamment, selon cette parole de l'apôtre : Que le mari rende ce qu'il doit à la femme, et la femme au mari : Il en rend la raison, parce que la femme n'a point de puissance sur son corps.
(p. 131- 133).

Mais, pour conclure et réduire tous les conseils que nous venons de donner tant aux maris qu’aux femmes, à un principe qu’ils puissent graver facilement dans leur esprit, il ne faut que rapporter ici la règle que leur donne en deux mots un Père de l’Eglise […] : Que la femme [...] ne prétende point un droit égal dans le mariage, puisqu’elle est sous un chef ; et que le mari ne méprise point la sienne, parce qu’elle lui est sujette, puisqu’elle est son corps. Que la femme regarde donc toujours son mari comme son supérieur, et que le mari aime sa femme comme son propre corps, et ils vivront en paix.
(p. 181-182).

Dans sa comédie Le Gentilhomme de Beauce (1670), Montfleury à son tour traitera ce précepte sur le mode comique :

BEATRIX :
Quoi, tu voudrais encore soutenir le contraire ?
L'effronterie est grande, et je ne puis m'en taire.

LE BASQUE :
Oui, je te le soutiens, il a couché dehors,
Il n'est point revenu, j'en réponds corps pour corps.

BEATRIX :
Quoi, notre Beauceron est dehors ?

LE BASQUE :
Oui, lui-même.

(V, 1)




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