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Courir tous les bals et les lieux d'assemblée


"À lui souffrir, en cervelle troublée,
De courir tous les bals et les lieux d'assemblée ?"
L'Ecole des Maris, I, 2 (v. 123-124)

L'aspect pernicieux, pour les femmes, des bals et des assemblées est dénoncé dans

  • Le Portrait de la coquette, ou la Lettre d’Aristandre à Timagène (1659) (1)
  • L'Ecole des filles en dialogues (1659) (2)
  • De l'Education chrétienne des enfants (1672) (3).

Dans L'Ecole des femmes, Arnolphe refusera lui aussi de vivre auprès d'une femme "que visiteraient marquis et beaux esprits".


(1)

Entre tous ceux [les divertissements] qu’elles [les coquettes] prennent pendant l’hiver, les bals, les comédies, la foire, les balets, sont les principaux. Vous me direz peut-être, Timagène, que je suis trop sévère, de trouver à redire à ces choses qui ne sont aucunement mauvaises d’elles-mêmes, et qui ne doivent être défendues qu’à ceux qui en font un mauvais usage, mais je vous répondrai que ce n’est pas aussi mon dessein de condamner entièrement ces choses.
Je sais qu’il faut mettre quelque différence entre une religieuse et une personne du monde ; je sais que ces divertissements, qui seraient de grands crimes pour la première, peuvent être pris par la seconde sans que l’honnêteté soit violée en aucune manière ; mais je condamne cette soif ardente que la Coquette a de ces sortes de divertissements, elle la découvre à mille témoignages qu’elle en donne, et l’on est convaincu, quand on l’entend discourir de ces choses, qu’elle en reçoit non seulement un plaisir, que rien ne peut égaler, mais encore qu’elle est en disposition de faire toutes choses pour se les procurer. Aussi le Galant qui cherche l’occasion de lui plaire, ne manque pas de lui proposer ces divertissements, car c’est par cette voie qu’il espère entrer dans ses bonnes grâces, et peut-être triompher en suite de son honnêteté.
(Le Portrait de la coquette, ou la Lettre d’Aristandre à Timagène, Paris, Sercy, 1659, p. 152-154)

L’ardeur de divertissement engage peu à peu la Coquette dans le dérèglement .
(Ibid., p. 156)

Je ne puis toutefois m’empêcher de vous dire, en passant, que ces Coquettes sont à plaindre, de mettre leurs grands plaisirs dans le Bal ; car si j’examine ce qu’elles sont avant le Bal, dans le Bal, et après le Bal, j’y trouverai pour elle cent fois plus de peine que de plaisir. N’est-ce pas une grande peine de se tenir dans une maison, comme une prisonnière, pendant la journée entière, de peur que le grand air ne vienne à désunir son teint, et à le brouiller ? N’est-ce pas une grande fatigue de demeurer au lit toute une journée, de peur que l’exercice qu’elle ferait étant levée ne la rende trop pesante, et ne lui fasse exécuter avec moins de légèreté les danses qu’elle a apprises avec tant de soin.
La plupart des Coquettes prennent l’une ou l’autre de ces précautions, lorsqu’elles sont invitées à quelque Bal, mais elles sont toutes obligées d’en prendre bien d’autres, pour avoir à point nommé toutes les choses qui peuvent servir pour les parer. Cependant il arrive assez souvent qu’elles ne sont pas servies suivant leurs souhaits, et Dieu sait quelles sont alors leurs inquiétudes : un Tailleur, un Marchand de Rubans, une Empeseuse, sont des gens dont elle a ordinairement besoin dans ces jours ; et lorsque l’un ou l’autre manque de venir à l’heure prescrite, vous ne pouvez vous imaginer jusqu’à quel point l’excès de leur chagrin va dans ce moment.
(Ibid., p. 156-158).

[Pendant le bal] puisque ses inquiétudes et ses chagrins se dissipent au moment que l’on la prend pour danser, elle nous fait connaître par là que son esprit n’est jamais plus tranquille en ce lieu que dans le temps que son corps est agité par le mouvement d’une danse continuelle.
(Ibid., p. 160-161)

[A]près le Bal, ses peines surpassent ses plaisirs. […] outre les lassitudes du corps, il est presque impossible qu’elles se puissent garantir du rhume.
(Ibid., p. 162-163)

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(2)

Eudoxie : - [P]our ce qui est du bal, c’est un divertissement qui est tellement des personnes de votre âge, que je trouverais même qu’il y aurait quelque chose à redire qu’une fille de seize ans ne le mit pas au nombre des plaisirs : aussi le bal est le lieu le plus propre à faire paraitre tous les avantages d’une fille. (...) Mais, ma bonne, qu’il faut se défier de toutes ces choses qui nous flattent agréablement !
(L’Escole des filles, en dialogues, Paris, Louis Chamhoudry, et se vendant à Avignon, chez Antoine Duperier, [1659?]1672, Dialogue premier : Parthénie, ou la fille à marier, p.25-26).

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(3)

AVIS touchant les bals, les danses,et les assemblées
[...]
Mais dans les bals et les assemblées, qui ne sont présentement que trop communes parmi les Chrétiens, le monde, la chair et le Diable attaquent l'esprit des jeunes gens par tous les endroits par lesquels ils peuvent leur inspirer le vice.(Lire la suite...)
(Alexandre-Louis Varet, De l'éducation chrétienne des enfants, 1672, p.189et suiv.)




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