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De l'honneur féminin cherche à faire curée


"Et ce sont vrais Satans, dont la gueule altérée
De l'honneur féminin cherche à faire curée."
L'Ecole des femmes, III, 1 (v. 655-656)

L'image du Diable "faisant curée" des âmes un lieu commun de sermons, qu'on relève, par exemple, dans les Homélies festives (1647) de Jean-Pierre Camus (1).

Dans le Discours merveillable d'un Démon amoureux, lequel a poussé une jeune Damoiselle à brûler une riche abbaye et couper la gorge à sa propre mère (anonyme, 1605) sont relatées les ruses par lesquelles le Diable prend possession des femmes et détruit leur honneur (2).


(1)

Les mauvais Anges qui sont les Démons viennent si promptement aux malheureux qui les invoquent pour procurer leur perte ; et [...] sous l'espoir malin de faire curée des âmes, on voit des esprits familiers et méchants se ranger à faire tant de service.
(Jean-Pierre Camus, Homélies festives, 1647, p. 535)

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(2)

Dans le Discours merveillable d'un Démon amoureux, lequel a poussé une jeune Damoiselle à brûler une riche abbaye et couper la gorge à sa propre mère (anonyme, 1605), une jeune religieuse devient soudain savante.

[Elle] se vant[e] d'avoir recouvré depuis peu un amoureux qui la venait accompagner toutes les nuits, qui lui avait appris à bien parler. [...] [Elle est poussée à incendier une abbaye, à la suite de quoi on la transfère dans un autre couvent.] Trois religieuses passèrent d'une mort soudaine, dont la cause inconnue fut imputée au Démon dont elle se vantait.[Elle est renvoyée chez ses parents, qui entrent à l'improviste, une nuit, dans sa chambre] où ils virent un étrange et hideux spectacle, soit vrai ou illusoire. Un monstre en forme d'un jeune pourceau, se vautrant sur le ventre de Françoise : et comme ils mettaient les mains pour l'en ôter ou chasser, la bête se glissait vers l'un et l'autre des flancs, puis enfin se disparaissait, dont les assistants furent fort étonnés. Cette imprudente ne s'en fit que moquer, jusques à reconnaître que c'était un Démon Amoureux, qui la venait voir d'ordinaire, et lui conseillait de faire des vengeances : desquelles ils connaîtraient en bref de plus grandes merveilles : et que c'était peu de l'accointance qu'elle avait avec ce Démon, vu qu'autres femmes, ses semblables, faisaient bien hommage, en la partie plus sale d'un bouc puant.
Autant en confessa Gertrude de Nazaret, près Cologne : et furent trouvées des misères, contenant les sales amours de son Démon et d'elle.
Ainsi Jeanne Harvillier de Verbery confessa que sa mère à douze ans l'avait offerte au Diable, en forme d'homme noir, botté et éperonné, qu'elle avait servi de son corps jusques à cinq ans: qu'elle s'était trouvée aux sabbats et assemblées.[...] Ainsi Magdalene de la Croix de Cordoue requit pardon de ce que [...] jusques à quarante deux ans, elle avait couché ordinairement avec un malin esprit. Mais cette dernière prévint son supplice pour la pénitence de son horrible hypocrisie et brutalité, là où notre misérable a procédé de mal en pis [...].
(p.8-12)




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