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De l'or, du coral et des perles


"C'est un formage préparé, où il entre de l'or, du coral, et des perles, et quantité d'autres choses précieuses."
Le Médecin malgré lui, III, 2

Les métaux précieux entrent effectivement dans la composition d'une "confection", selon la définition qu'en donne le Dictionnaire (1690) de Furetière :

Remède qui est de consistance d'électuaire solide, composé de plusieurs drogues précieuses. La principale est la confection d'alkermès, où entrent les perles, la pierre d'azur, le musc, l'ambre-gris, l'or en feuille, et surtout le suc du grain de kermès qui lui donne son nom, (c'est l'écarlate), le tout mêlé avec sucre, canelle, santal, etc.
La confection d'hyacinthe est faite de saphirs, hyacinthes, émeraudes, topazes, de perles, coraux, feuilles d'or, d'os, de cœur de cerf, et autres raretés mêlées avec plusieurs simples, eaux et racines pour rendre le remède plus cher et non meilleur.
La confection Hamech, est un remède plus commun, composé de plusieurs simples et purgatifs, polypode, prunes, mirobalans, agaric, séné, absynthe, roses rouges, casse, tamarins, manne, etc. le tout réduit en forme d'électuaire mol. Elle a pris son nom de son auteur : Hamech, médecin arabe fort ancien.

L'usage de tels médicaments est dénoncé dans la dixième des Serées (1584) de Guillaume Bouchet, intitulée "Des médecins et de la médecine" :

Je m'ébahis, répliqua un autre, que, puisque ces compositions ne servent à rien et coûtent tant, comme il se trouve des médecins qui les ordonnent, si ce n'est pour se rendre admirables et que le malade pense que l'or et les pierres tant estimées et chères ont plus de vertu que toute autre chose.
(éd. C. E. Roybet, Paris, Lemerre, 1873, p. 217)




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