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De la force que pour porter son mal


"Tant pis pour lui s'il n'a point recours aux remèdes. - Il a ses raisons pour n'en point vouloir, et il soutient que cela n'est permis qu'aux gens vigoureux et robustes, et qui ont des forces de reste pour porter les remèdes avec la maladie; mais que pour lui il n'a justement de la force, que pour porter son mal."
Le Malade imaginaire, III, 3

L'idée selon laquelle les remèdes sont d'autant plus dangereux si le malade est affaibli avait été formulée par Montaigne

  • dans l'essai "De la ressemblance des enfants aux pères" (II, 37) (1)
  • dans l'essai "Divers événements de même conseil" (I, 24) (2)

On la retrouve également dans un texte manuscrit des portefeuilles Vallant, recueillant l'opinion de la marquise de Sablé (1598-1678) sur la médecine ("Discours de Madame contre les médecins") (3)


(1)
De moi, quand il n'y aurait autre chose, j'estime qu'à ceux qui haïssent le goût de la médecine, ce soit un dangereux effort, et de préjudice, de l'aller avaler à une heure si incommode, avec tant de contre-coeur: et crois que cela essaie merveilleusement le malade en une saison où il a tant besoin de repos.
(éd. C. Journel, Paris, 1659, p. 800-801.)

(2)

[...]quand je suis malade, au lieu d'entrer en composition, je commence encore à la haïr et à la craindre, et réponds à ceux qui me pressent de prendre médecine, qu'ils attendent au moins que je sois rendu à mes forces et à ma santé, pour avoir plus de moyen de soutenir l'effort et le hasard de leur breuvage.
(éd. C. Journel, Paris, 1659, p. 177.)

(3)

Ils ne guérissent presque jamais, si ce n'est qu'ils trouvent des natures assez fortes pour se guérir d'elles-mêmes [...] aussi ne guérissent-ils que ceux qui ont assez de force pour résister et au mal et au remède, qui est un second mal, bien souvent pire que le premier.
(N. Ivanoff, La Marquise de Sablé et son salon, 1927, p. 116)




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