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De la rondeur


"Par quels coups de pinceau formant de la rondeur,
Le peintre donne au plat le relief du sculpteur.
Quel adoucissement des teintes de lumière
Fait perdre ce qui tourne, et le chasse derrière,"
La Gloire du Val-de-Grâce, v. 177-180

Une consigne semblable était formulée dans L'Art de peinture traduit en français de Dufresnoy :

Il faut donc que les corps ronds, qui sont vus vis-à-vis en angle droit, soient de couleurs vives et fortes, que les extrémités tournent en se perdant insensiblement et confusément, sans que le clair se précipite tout d'un coup dans l'obscur, ni l'obscur tout d'un coup dans le clair : mais il le fera un passage commun et imperceptible des clairs dans les ombres et des ombres dans les clairs.
[...]
Vous donnerez le relief et la rondeur aux corps, de la même façon que le miroir convexe vous le montre, dans lequel nous voyons les figures et toutes les autres choses qui avancent plus fortes et plus vives que le naturel même, et que celles qui tournent, sont de couleurs rompues, comme étant moins distinguées et plus proches des bords.
Le peintre et le sculpteur travailleront donc de même intention et avec la même conduite, car ce que le sculpteur abat et arrondit avec le fer, le peintre le fait avec son pinceau, chassant derrière ce qu'il fait moins paraître par la diminution et la rupture de ses couleurs, et tirant en dehors par les teintes les plus vives et les ombres les plus fortes ce qui est directement opposé à la vue, comme étant plus sensible et plus distingué.
(p. 28-31)




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