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De verts galants


"Je connus feu son père en mon voyage à Rome.
- Fort bien. – C'était, mon frère, un fort bon gentilhomme.
– On le dit. – Nous n'avions alors que vingt-huit ans,
Et nous étions, ma foi, tous deux de verts galants.
– Je le crois. – Nous donnions chez les dames romaines,
Et tout le monde là parlait de nos fredaines;
Nous faisions des jaloux. –Voilà qui va des mieux:"
Les Femmes savantes, II, 2, v. 343-349

Dans L'Amant qui ne flatte point (1668) de Hauteroche était développée une scène dans laquelle un vieillard se félicitait de ses fredaines passées (1).

Le trait de caractérisation était également utilisé dans Les Plaideurs (1668) de Racine (2)


(1)

ANSELME
Toi, viens ici. Dis-moi quelque nouvelle
De Sbroct.

PHILIPPIN
Peste, Monsieur, il est assez gaillard.
Sans sa goutte, il serait un jeune escarbillard.
[...]
Pense-t-il fort à nous ?
Il en parle sans cesse ;
On n'entend que les noms d'Anselme et de Lucrèce ;
Il en dit...

ANSELME
Qu'en dit-il ?

PHILIPPIN
Eh là... vous savez bien.

ANSELME
Quoi ?

PHILIPPIN
Vous faites, Monsieur, son unique entretien.

ANSELME
Mais encor, qu'en dit-il qui soit si remarquable ?

PHILIPPIN
Il dit que vous étiez débauché comme un diable ;
Que vous faisiez des tours ensemble. Eh ?

ANSELME rit.

PHILIPPIN
Bon, j'entends.
Vous avez autrefois bien passé votre temps.
Que vous vous portez bien ! l'agréable vieillesse !

ANSELME
Ne t'a-t-il point conté nos traits de jeunesse ?

PHILIPPIN
Cent fois il a pris soin de m'en entretenir.

ANSELME
Pour moi, j'ai grand plaisir à m'en ressouvenir.
(V, 6, p. 133-136)

(2)

Je suis tout réjoui de voir cette jeunesse.
Savez-vous que j'étais un compère autrefois ?
On a parlé de nous.
(III, 4, p. 85-86)




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