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Deux révérences


"MONSIEUR JOURDAIN, après avoir fait deux révérences, se trouvant trop près de Dorimène.- Un peu plus loin, Madame. - Comment? - Un pas, s'il vous plaît. - Quoi donc? - Reculez un peu, pour la troisième."
Le Bourgeois gentilhomme, III, 16

Le cumul des révérences était présenté ironiquement comme le chic des galants à la mode dans Les Lois de la galanterie de Charles Sorel :

En ce qui est de la manière de vous gouverner dans les visites des Dames que vous ferez, il faut que dès l’entrée de la porte de leur chambre vous commenciez vos Révérences, tenant le chapeau en main, et penchant la tête et la moitié du Corps tantôt d’un côté et tantôt de l’autre, ce qu’on aurait autrefois appelé dandiner ; mais aujourd’hui la posture en est estimée galante. Vous vous avancerez ainsi en croisant les jambes les unes sur les autres, sans que le nombre des Révérences puisse avoir d’autres limites que jusqu’au lieu où les Dames sont placées.

Un des personnages La Précieuse (1656-1658) de l'abbé de Pure fait le récit d'une scène où un galant provincial révèle sa maladresse dans l'exécution des ses révérences :

Le Ciel, reprit Mélanie, me disgracia récemment jusqu'au point de me faire tomber en partage, dans une conversation sérieuse, un grand provincial du pays des montagnes. Ses premières civilités et ses premiers compliments furent faits avec les mains et les pieds, et par des baisemains et des révérences. Le respect et la civilité tenaient son corps composé, ou plutôt comme fiché sur un piédestal, dont le mouvement n'allait que par ressort. Encore l'invention en était-elle mal exécutée, car il n'agissait qu'à contretemps et il y avait une si étroite alliance entre ses propos et ses respects que, quand même il aurait dit des injures, et fait des serments de colère, il n'aurait pas laissé de les accompagner de mille baisemains et d'autant de révérences.
(éd. Magne, Droz, 1938, t. I, p. 226)




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