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Distance si effroyable


"Jamais il n'a été en ma puissance de concevoir comme on trouve écrit dans le Ciel jusqu'aux plus petites particularités de la fortune du moindre homme. Quel rapport, quel commerce, quelle correspondance peut-il y avoir entre nous et des globes, éloignés de notre terre d'une distance si effroyable…"
Les Amants magnifiques, acte III, scène 1.

L'argument de la distance infinie, qui vise à battre en brèche la théorie de l'influence des astres sur la destinée humaine, avait été utilisé par La Mothe le Vayer dans son traité « De l’instruction de M. le Dauphin » (1640) (1).

On le retrouve vulgarisé dans le Recueil général des questions traitées dans les conférences du Bureau d’adresses (1640) (2) et dans l'une des Lettres galantes de Charles Cotin: "De l'astrologie judiciaire" (3).


(1)

Car puisque le Ciel ne peut être pris que pour une cause universelle et éloignée, on ne peut pas dire qu'il nous fera prévoir avec assurance des effets singuliers, qui dépendent d'autres causes plus prochaines, et souvent fortuites; attendu que par la doctrine de l'Ecole on ne doit jamais attribuer précisément un effet particulier qu'à sa cause particulière, ni un effet universel qu'à une cause universelle.
(édition des Œuvres de 1756, I, 1, p. 277)

(2)

Et pourquoi chercher dans le Ciel les causes des accidents qui nous arrivent, si nous les trouvons en terre : et au loin, ce qui est auprès ?
(t. I, 1640, p. 212)

(3)

Que servirait à ma fortune
De consulter le soleil et la lune,
Et d'aller découvrir les mystères des cieux
Que le sombre avenir couvre de tant de voiles?
Pourquoi chercher dans les étoiles
Ce que je trouve dans vos yeux?
[…]
Que sera-ce si la terre n'est point au centre du monde, si elle tourne comme Mercure ou comme Vénus autour du soleil, car c'est par rapport à ce centre imaginaire que l'on désigne les mouvements du haut et du bas? Que sera-ce si elle n'est qu'un point imperceptible à l'égard de l'immensité du ciel ? Ma grande fortune dépend donc, Madame, de votre estime, et non pas de Jupiter.
(éd. 1663, p. 138 et 141)




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