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Dix catégories


"Vous voulez peut-être savoir [...] s'il y a dix catégories, ou s'il n'y en a qu'une ?"
Le Mariage forcé, sc. IV

Le débat autour des catégories d'Aristote avait été évoqué

Je ne tiens compte d’alléguer les raisons de ceux qui ont abrégé les catégories, ce discours serait plus ennuyeux qu’instructif; il suffit de représenter en peu de mots que toutes leurs divisions se sous-divisent, que leurs sous-divisions se réduisent aux dix classes d’Aristote; que d’affecter en cet endroit une nouvelle méthode, c’est affecter une nouvelle confusion.
(p. 82)

  • La Philosophie divisée en cinq parties (seconde édition augmentée, 1664) de Louis de Lesclache :
Pour répondre à plusieurs difficultés qu’on peut faire contre le nombre des catégories, il faut savoir que, lorsqu’une difficulté est fondée sur quelque degré de leur division, on y peut répondre par le degré suivant de la même division, comme si quelqu’un dit qu’il n’y a que deux catégories, puisque tout ce qui peut être attribué à la substance singulière est, ou de son essence ou un accident, il faut combattre son erreur en la manière suivante.
(XIV, « Du nombre et de l’ordre des catégories », p. 135)

La mise en cause de l'usage des "catégories" avait servi d'argument à une critique radicale de la logique aristotélicienne dans la Logique de Port-Royal (1662) :

Voilà les X. catégories d'Aristote, dont on a fait tant de mystères dans les écoles, et qu'on est tant de temps à apprendre, quoiqu'à dire le vrai, ce soit une chose de soi très peu utile, et qui, non seulement, ne sert guère à former le jugement, qui est le but de la vraie logique, mais qui souvent y nuit beaucoup, pour des raisons qu'il est important de remarquer.
La première est qu'on regarde ces catégories comme une chose établie sur la raison et sur la vérité, au lieu que c'est une chose tout arbitraire et qui n'a de fondement que l'imagination d'un homme qui n'a eu aucune autorité de prescrire de soi aux autres, qui ont autant de droit que lui d'arranger d'une autre sorte les objets de leur pensée, chacun selon sa manière de philosopher.
[...]
La seconde raison, qui rend l'étude des catégories dangereuse, est qu'elle accoutume les hommes à se payer de mots et à s'imaginer qu'ils savent toutes choses, lorsqu'ils n'en connaissent que des noms arbitraires.
(A. Arnauld, P. Nicole, La Logique ou l'Art de penser, 1662, p. 51-52)




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