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Du Ciel ou du tempérament


"Mais nous tenons du Ciel ou du tempérament,
Que nous jugeons de tout chacun diversement."
Don Garcie de Navarre, IV, 6, v. 1181-1182

La diversité des esprits est également rapportée à celle des tempéraments dans le petit traité "De l'amitié" (Opuscules ou petits traités, 1643) de La Mothe le Vayer (1).

Plusieurs autres textes de La Mothe le Vayer font du tempérament la source de caractères psychiques :

  • "Lettre XLI D'un homme [...] qui répondait en toutes langues [...]" (Petits traités en forme de lettres, 1647) (2)
  • "De la contrariété d'humeurs..." (1636) (3)
  • Dialogue "sur le sujet de la vie privée" (Cinq Dialogues faits à l'imitation des Anciens, s.d.) (4).

Voir aussi "nous jugeons de tout chacun diversement".


(1)

Je n'entre pas ici dans la question, si toutes les âmes font égales dans leur création. Mais je dis qu'à les considérer comme des formes humaines , elles dépendent si fort, en ce qui regarde leurs opérations, du tempérament de nos corps, que la diversité de ce même tempérament connue de tout le monde , fait une différence entre elles qui rend ce parfait consentement en toutes choses , & cette unanimité requise dans l'amitié par la définition que nous examinons, hors de toute apparence , & pour user d'un terme plus exprès, hors de possibilité. En effet , y a-t-il rien de si bigearre , que ce que nous nommons humeurs, fantaisies, & opinions des hommes ?
Pectoribus mores tot sunt quot in orbe figura [Ovid.l.I, de art. am.]
(La Mothe le Vayer, "De l'amitié", p. 125)

(2)

Aussi voyons-nous que le médecin Huarte a soutenu dans son Examen des Esprits qu'il s'est trouvé des hommes d'un tempérament de cerveau tel, qu'ils ont parlé latin sans l'avoir jamais appris. Et il prétend que ce même tempérament a formé la parole à quelques enfants presque en sortant du ventre de leur mère [...].
("Lettre XLI D'un homme qui répondait, étant endormi, en toutes langues où on l'interrogeait, quoiqu'il ne les sût pas", Petits traités en forme de lettres, p. 83)

(3)

La raison la plus générale de la concorde ou discorde des nations se tire du tempérament, dont la ressemblance concilie partout les amitiés, autant que sa différence aliène manifestement les esprits. Or le tempérament des hommes, considérés ainsi en gros, dépend surtout de la température des régions qu'ils habitent [...].
("De la contrariété d'humeurs...", p. 4)

(4)

[...] C'est une fausse et trompeuse satisfaction et complaisance, qui procède d'un tempérament brûlé et corrompu, n'ayant point d'autre fondement que notre mauvaise complexion, qui déprave et altère les fonctions de notre âme [...].
(Dialogue "sur le sujet de la vie privée", Cinq Dialogues à l'imitation des Anciens, p. 208)




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