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Du secret que vous m'avez fait


"Allez, laissez-moi faire. Quelque sujet que j'aie de me plaindre de vous du secret que vous m'avez fait, je ne veux pas laisser de servir votre amour [...]"
L'Amour médecin, I, 4

Le récit enchâssé du Palais d'Angélie de Charles Sorel, racontant l'histoire d'Olynthe, contient une longue scène similaire où la jeune fille hésite à confier à sa suivante son amour pour Léonil ; Alcidée se plaint alors de la réticence de sa maîtresse à lui accorder sa confiance :

Aussitôt Olynthe tourna la tête du côté de la ruelle du lit, et consulta encore longtemps en son jugement, si elle devait passer plus outre, et ouvrir son cœur à Alcidée : Enfin elle se retourna, et se soulevant un peu l’embrassa étroitement, et lui dit : Me promets-tu, hélas ! me promets-tu ; et puis s’arrêtant là sans oser proférer le demeurant elle lui donna un baiser : Alcidée se doutant presque de ce qu’elle lui voulait dire, lui répondit, qu’elle lui promettait tout ce qu'elle lui pouvait promettre. Tu me seras donc fidèle, dit Olynthe. Hélas ! Mademoiselle, dit Alcidée, est-il possible que j’aie été si malheureuse, que tous les services que je vous ai rendus jusques ici n’aient pu vous faire connaître selon mon intention que je vous la suis jusques où je vous la puis être ? Ne te fâche pas, dit Olynthe, ton dessein est réussi en cela : mais je voudrais savoir si tu y persévéreras à l’avenir, et si tu aimeras mieux être fidèle à moi qu’à mon père. Olynthe alors exigea là-dessus d’Alcidée une infinité de serments, qui furent suivis de la confession qu’elle lui fit, qu’elle aimait Leonil, et qu’elle n’en épouserait jamais d’autre.
(Le Palais d'Angélie, Paris, T. du Bray, 1622, p. 366-367)




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