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En Thessalie, dans la vallée de Tempé


"La scène est en Thessalie, dans la vallée de Tempé."
Mélicerte, acte I.

"La scène est en Thessalie, dans la délicieuse vallée de Tempé."
Les Amants magnifiques, acte I

Ce lieu est longuement décrit dans

  • la quatrième partie (1658) de la Clélie (1) des Scudéry
  • Tarsis et Zélie (1665) de Le Vayer de Boutigny (2).

Le fleuve Pénée, qui le traverse et Larisse, sa principale ville, y sont également mentionnés.


(1)

Tempé est entre le mont Ossa, et le mont Olympe, qui sont les deux plus hautes montagnes de la Thessalie, où il y en a trente-quatre. […] Au milieu de ce vallon délicieux coule le fleuve Pénée, qui étant grossi de quatre belles rivières, est capable de porter d’assez grands bateaux. […] Mais ce qui rend la vallée de Tempé plus belle, c’est que tous les arbres qu’on y voit, sont entortillés de lierre depuis leurs racines jusques au sommet, et qu’ainsi on ne voit rien qui ne soit vert ; il y a aussi une herbe admirablement belle, qui s’appelle smilax, qui rampe encore le long des arbres, qui retombe en lambruche et qui couvre entièrement la terre. De sorte que comme je l’ai déjà dit, tout est vert en cet agréable vallon. L’on voit aussi le long du fleuve à droit et à gauche, de petits bocages de myrtes, et de lauriers, qui offrent leur ombre à ceux qui passent ; et ce qui rend ce lieu encore plus agréable, c’est que sous ces divers ombrages coulent plusieurs petits ruisseaux, dont les eaux sont non seulement agréables à boire, mais excellentes pour la santé. Il y a même une grande multitude d’oiseaux qui se plaisent en ce beau désert, et par la quantité des arbres, des buissons, et des ruisseaux qu’ils y trouvent, et par la tranquillité qui y règne. Aussi le fleuve Pénée après s’être comme précipité en entrant dans cette vallée, semble s’y plaire, et coule si lentement, qu’on dirait que ses eaux sont des eaux dormantes. On y voit plusieurs îles, qui servent à embellir et le fleuve et la vallée. Pour les peuples d’alentour, comme ils croient que ce vallon est particulièrement agréable aux dieux, ils le choisissent pour y faire des sacrifices, s’imaginant que leurs vœux y sont plus favorablement exaucés qu’ailleurs. De sorte que ceux qui passent par cet endroit-là, y trouvent toujours l’air parfumé, ou par l’encens des sacrifices qu’on y fait continuellement, ou par les fleurs qui croissent abondamment en cet aimable lieu. »
(IV, 1, p. 165-167).

(2)

La vallée de Tempé, qui doit être la scène de notre histoire et le théâtre fameux de tant de rares et célèbres aventures, a de longueur environ quarante stades, c’est-à-dire un peu plus de deux lieues. Elle commence à la ville de Gonnes, à l’occident, et, suivant le cours du fleuve Pénée, qui la traverse par la milieu, elle finit avec lui vers l’orient, au même endroit où, rencontrant le fameux Hélicon, ils se dégorgent ensemble dans le golfe Thermaïque. Le mont Olympe borne sa largeur au septentrion ; au midi c’est le mont Ossa. Le premier est couvert d’une forêt de buis et de lauriers, le second d’une forêt de pins, et vous diriez que la nature aurait renfermé cette admirable vallée entre ces deux monts, comme entre de fortes et invincibles barrières, pour faciliter à ses habitants la conservation du plus rare et du plus accompli de ses chef-d’œuvres. En effet, on peut dire qu’elle n’a rien formé de beau ailleurs, qui ne se trouve dans ce petit espace. L’on y voit des plaines, des vallons, des prairies, quantité de bocages, une infinité de petits ruisseaux, et des fontaines dont les eaux servent même d’un remède souverain contre diverses maladies ; et tout cela est si merveilleusement diversifié, et orné d’une telle quantité de beaux hameaux, qu’il est impossible de s’imaginer rien de si agréable. Les plus considérables de ces hameaux sont Hippique, que l’on rencontre le premier à main gauche en venant de Gonnes et descendant le long du fleuve vers la mer ; Cénome, qui paraît du même côté environ vingt-cinq ou trente stades plus bas ; et Callioure, qui est de l’autre côté du fleuve, encore plus vers la mer et quasi sur le rivage du Golfe.
(I, 2, édition de 1720, p. 43-44)




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