[retour à un affichage normal]

Accueil > Outils > Ennemi de soi-même

Ennemi de soi-même


"C'est être bien ennemi de soi-même, que de fuir des remèdes aussi salutaires que les vôtres. - Marque d'un cerveau démonté, et d'une raison dépravée, que de ne vouloir pas guérir."
Monsieur de Pourceaugnac, II, 1

Dans son sermon pour le IIIe dimanche de l'Avent, prêché devant la cour le 13 décembre 1669, Bossuet avait décrit le pécheur dans des termes semblables :

Ainsi tout pécheur est ennemi de soi-même, corrupteur en sa propre conscience du plus grand bien de la nature raisonnable, c'est-à-dire de l'innocence. D'où il s'ensuit que le péché, je ne dis pas dans ses suites, mais le péché en lui-même, est le plus grand et le plus extrême de tous les maux : plus grand sans comparaison que tous ceux qui nous menacent par le dehors, parce que c'est le dérèglement et l'entière dépravation du dedans ; plus grand et plus dangereux que les maladies du corps les plus pestilentes, parce que c'est un poison fatal à la vie de l'âme; plus grand que tous les maux qui attaquent notre esprit, parce que c'est un mal qui corrompt notre conscience ; plus grand par conséquent que la perte de la raison, parce que c'est perdre plus que la raison que d'en perdre le bon usage, sans lequel la raison même n'est plus qu'une folie criminelle.
(éd. de 1862, t. IX, p. 203)




Sommaire | Index | Accès rédacteurs