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Fagotin et les marionnettes


"Là, dans le carnaval, vous pourrez espérer
Le bal, et la grand'bande, à savoir, deux musettes,
Et, parfois, Fagotin, et les marionnettes."
Le Tartuffe, II, 3 (v. 662-665)

La plaisanterie figurait dans "Les Lois de la galanterie" (1658) de Charles Sorel

Si vous n'avez le moyen de leur donner la comédie, au moins donnez-leur les marionnettes; en certaines occasions, elles se contenteront de cet abrégé comique, de ce divertissement des petites gens, étant quelquefois capable de plaire aux gens de condition qui en ont peu souvent la vue.
(§ XIV)

A la sc. IX de l'Après-souper des auberges (1665) de Raymond Poisson, des marionnettes constituent un spectacle ridicule.

Une lettre du gazetier Loret témoigne que Fagotin et les marionnettes constituaient des attractions de la foire en 1664 :

Je n’ai point encore vu la Foire,
Mais j’ai su de Gens qu’on doit croire,
Qu’on y voit de tous les côtés
Cent plaisantes diversités,
Car, outre les orfèvreries,
Outre les riches pierreries,
Quantité de Bijoux fort beaux
Qui brillent le soir aux flambeaux,
Outre mainte belle Marchande,
Outre les Toiles de Hollande,
Les beaux rubans, les fins mouchoirs,
Les porcelaines, les miroirs,
Les tableaux et les antiquailles,
Qui ne sont pas pour des canailles,
Les confitures et douceurs,
Marionnettes et danseurs,
Outre les animaux sauvages,
Outre cent et cent batelages,
Les Fagotins et les guenons,
Les Mignonnes et les Mignons,
On voit un certain habile Homme.
(Lettre VIII, du samedi 23 février 1664, « Préludée », pp. 167-169 ; voir la vie théâtrale et musicale selon Loret en 1664)

Le spectacle est décrit dans Les Tracas de Paris (1665) de François Colletet :

THEATRE DE MARIONNETTES

Remarque un peu dans cette rue,
Sur ce theatre, deux coquins,
Vestus comme des harlequins,
Avec trois guenilles de linge.
Qui font sauter un pauvre singe,
Et grimper dessus un baston,
Afin de gaigner le teston s?
On entre dedans leurs logettes
Pour y voir des Marionnettes,
Et cependant que l'on est là,
Longtemps droit comme un quiuola,
Attendant que le jeu commence,
Empressé de l'un qui s'avance,
D'un autre qui pousse et veut voir,
Sans pour aucun respect avoir.




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