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Furieusement


"Il est vrai, mon oncle, qu'une oreille un peu délicate pâtit furieusement à entendre prononcer ces mots-là."
Les Précieuses ridicules, sc. IV

"Il est vrai que le goût des gens est étrangement gâté là-dessus, et que le siècle s'encanaille furieusement".
La Critique de L'Ecole des femmes, sc. VI

"Je vous l'ai dit vingt fois, mon fils, toutes vos manières me déplaisent fort: vous donnez furieusement dans le marquis."
L'Avare, I, 4

"Vous m'avez aussi fait faire des souliers qui me blessent furieusement."
Le Bourgeois gentilhomme, II, 5

"Vous voulez furieusement ce que vous voulez.".
L'Impromptu de Versailles, sc. IV

L'adverbe est présenté par les contemporains comme un "mot à la mode", caractéristique du langage mondain.

Charles Sorel le relève dans "Les Lois de la galanterie" :

Ou bien l’on dira, il a de l’esprit furieusement, car il faut savoir que ce mot de furieusement s’emploie aujourd’hui à tout, jusque là même, que dans l’un de nos Romans les plus estimés, il y a, qu’une Dame était furieusement belle. Ce mot est énergique pour signifier tout ce qui est excessif, et qui porte les uns ou les autres à la furie.
(§ XVI)

L'abbé Cotin s'en amuse :

Elles disaient dernièrement en leur langage de la belle cour qu’une femme était furieusement agréable. J’eus beau réclamer au contraire et protester que c’était confondre les furies avec les grâces, je passai pour un homme de mon pays.
(Oeuvres galantes, 1663, p. 275)




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