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Il détache mon âme


"De toutes amitiés il détache mon âme."
Le Tartuffe, I, 5, v. 276

Le détachement des affections terrestres est fréquemment vanté dans les textes de dévotion, en particulier dans

Qui se détache donc pour cette solitude
De toutes amitiés et de toute habitude,
Plus il rompt les liens du sang et de la chair,
Plus de Dieu la bonté suprême,
Par ses anges et par lui-même,
Pour le combler de biens daigne s’en approcher.

Tire-toi d’esclavage, et sache te purger
De ces vains embarras que font les créatures ;
Saches-en effacer jusqu’aux moindres teintures,
Romps jusqu’aux moindres nœuds qui puissent t’engager.
Dans ce détachement tu trouveras des ailes
Qui porteront ton cœur jusqu’aux pieds de ton Dieu.

Mais par la digne fermeté
D’une âme toute pure et toute inébranlable,
Par un privilége admirable
De son entière liberté,
Détacher son affection
De tout ce qu’ici-bas un cœur mondain adore :
Seigneur, j’ose le dire encore,
Qu’il y faut de perfection !

  • les Stances sur diverses vérités chrétiennes (1642) d'Arnauld d'Andilly :
On ne peut aimer Dieu sans haïr le monde
CCV

La même charité, dont la flamme seconde
Pour le Dieu des Vertus nous fait brûler d'amour,
Nous donne, dans l'exil de ce triste séjour,
L'heureuse impression de la haine du Monde.
D'un espace infini ces objets divisés
Sont toujours dans nos coeurs tellement opposés,
Qu'en s'approchant de l'un l'on s'éloigne de l'autre.
Le siècle est l'ennemi du Monarque Eternel ;
Son orgueil est l'objet des foudres de l'Apôtre ;
Et ne le pas haïr, c'est être criminel.
(p. 105)

Le chrétien ne doit s'attacher qu'à Dieu
CCXIIII

Le Chrétien pour sa règle a ce mot admirable,
Je ne suis qu'à JESUS ; c'est ainsi qu'en l'aimant,
Dans les plus grands dangers il marche sûrement,
En marchant sur les pas de ce Guide Adorable.
Ces vains engagements, dont la fausse beauté
Captive notre esprit, et notre volonté,
Blessent l'âme en blessant ses deux grandes puissances :
La vérité n'est plus le Soleil qu'elle suit ;
Un nuage le couvre ; et d'autres influences
Se mêlent à l'horreur de cette obscure nuit.
(p. 110)




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