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Il sait du grec, ma soeur


"Il a des vieux auteurs la pleine intelligence,
Et sait du grec, Madame, autant qu'homme de France.
– Du grec, ô Ciel! du grec! Il sait du grec, ma sœur!
– Ah, ma nièce, du grec!– Du grec! quelle douceur!
Quoi, Monsieur sait du grec? Ah permettez, de grâce
Que pour l'amour du grec, Monsieur, on vous embrasse."
Les Femmes savantes, III, 3 (v. 941-945)

Le recours au grec ancien avait fait l'objet d'un traitement ironique dans La Critique de l'Ecole des femmes (voir "avec vos grands mots") et Les Fâcheux ("qui se termine en es").

Le pédant amoureux, héros du chapitre "Manière d'aimer des pédants" de L'Amour échappé (1669) de Donneau de Visé, tente d'imposer à la jeune fille qu'il courtise l'usage du grec et du latin (voir également "nego consequentiam") :

Il pressait tous les jours le père de Bursine de faire apprendre le grec à cette charmante fille et le querellait de ce qu'il n'en voulait rien faire. [...] Il lui nommait tous les auteurs grecs et latins qui ont jamais été. Il lui racontait ce qu'ils avaient fait et lui parlait le plus souvent une demi-heure latin, sans songer qu'elle ne l'entendait pas.
(t. I, p. 189-190)

Dans Le Parnasse réformé (1669) de Guéret, le recours aux termes d'inspiration grecque ou latine est reproché à Ronsard :

Pardonnez-moi, je vous le dis encore, vous vous êtes lourdement trompés, il fallait un peu vous humaniser davantage, vous ne deviez pas tant vous infatuer d’Homère ni de Pindare, il valait mieux songer à plaire à la Cour, et considérer que les dames qui font la plus belle moitié du monde, et le sujet le plus ordinaire de la poésie, ne savent ni latin, ni grec.
(p. 59)




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