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Qui, pour vous, sollicite


"Mais qui voulez-vous, donc, qui, pour vous, sollicite ?
- Qui je veux ! la raison, mon bon droit, l'équité.
- Aucun juge, par vous, ne sera visité ?
- Non, est-ce que ma cause est injuste, ou douteuse ?"
Le Misanthrope, I, 1 (v. 186-189)

La pratique, lors de la préparation d'un procès, de la "sollicitation" des juges par les parties est mise en cause, au nom de la justice, par La Mothe le Vayer, dans l'un de ses Petits traités en forme de lettres : "De la faveur des juges" (1).

Elle sera discutée dans l'une des conférences recueillies par Richesource (2).

Elle est également attestée dans l'un des dialogues de L'Esprit de cour (1662) de René Bary (3).


(1)

Aussi a-t-on estimé toujours que les meilleurs jugements se rendaient par ceux qui avaient le moins de connaissance des parties contestantes, et qui ne leur donnaient pas le temps de faire des brigues plutôt que des sollicitations.
(La Mothe le Vayer, "De la faveur des juges", dans Petits traités en forme de lettres, dans Oeuvres, VI, 1, p. 197)

l'on ne saurait non plus rechercher sans crime par quelque voie que ce soit la faveur des magistrats au préjudice de la justice, et de ce que les lois ont déterminé. Cela est si véritable dans une exacte morale que jamais Socrate ne voulut prier ses juges, ni les émouvoir par des discours oratoires à lui être favorables. Et nous lisons dans Arrien qu'Héraclite, après avoir fait voir le droit qu'il avait de s'attribuer un héritage qu'on lui contestait dans Rhodes, ajouta pour épilogue de son plaidoyer qu'il ne priait de rien ceux qui le devaient juger, parce qu'ils avaient beaucoup plus d'intérêt que lui à rendre une sentence juridique.
(Ibid., p. 201)

--

(2)

S'il vaut mieux que les juges reçoivent les sollicitations des parties plutôt que de les refuser ?
Premier discours
Qu'il vaut mieux que les juges refusent les sollicitations des parties, que de les recevoir. [Lire la suite...]

Deuxième discours
Qu'il vaut mieux que les juges reçoivent les sollicitations des parties, que de les refuser. [Lire la suite...]

Troisième discours
Que la question, Si les juges doivent recevoir ou refuser les sollicitations doit se résoudre par une distinction. [Lire la suite ...]
(Richesource, Jean, La première [-seconde] partie des conférences académiques et oratoires, sur toutes sortes de sujets problématiques ... accompagnées de leur décision, où l'on voit l'usage des plus belles maximes de la philosophie et des plus beaux préceptes de l'éloquence, Paris 1661, p. 463-suiv.)

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(3)

SULPICIE : Quelque mauvaise opinion qu’on ait eue de ma cause, j’ai cru avoir gagné mon procès dès que vous avez entrepris sa sollicitation […] Je ne dis rien que je ne pense ; les juges font leur cause des affaires dont vous faites vos intérêts ; ils ne balancent point s’ils doivent opposer l’indifférence de la justice à l’ardeur de vos sollicitations ; ils se règlent sur ce que vous leur prescrivez.
(R. Bary, “Du procès”, p. 257-258)




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