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Rien d'égal au tabac


"Quoi que puisse dire Aristote, et toute la philosophie, il n'est rien d'égal au tabac, c'est la passion des honnêtes gens; et qui vit sans tabac, n'est pas digne de vivre. non seulement il réjouit, et purge les cerveaux humains, mais encore il instruit les âmes à la vertu, et l'on apprend avec lui à devenir honnête homme. "
Don Juan ou le Festin de pierre, I, 1

La consommation du tabac avait fait le sujet d'un ballet de Filippo d'Agliè, dansé à Turin lors du Carnaval de 1650 et intitulé Il tabacco. A cette occasion avait été réalisé un livret d'apparat. Le traité Des ballets anciens et modernes (1682) du Père Ménestrier offre un bref récit de ce ballet (1).

Deux ouvrages contemporains débattent des défauts et des vertus du tabac (voir également "un poco di tabac") :

La question des bienfaits ou des méfaits du tabac figurera parmi celles traitées les années précédentes dans le Recueil général des questions traitées dans les conférences du bureau d'adresses (1666) (p. 32sq)

L'image de la carotte de tabac est utilisée dans la littérature érotique contemporaine (3)


(1)

La scène représentait l'Ile de Tabago, dont le tabac tire son nom.
Une troupe d'Indiens fit le prologue, chantant les avantages du tabac et le bonheur des peuples à qui les dieux avaient donné cette plante.
La première entrée fut de quatre sacrificateurs de ce pays-là, qui tiraient du tabac en poudre de certaines boîtes d'or qu'ils portaient, et jetaient cette poudre en l'air pour apaiser les vents et les tempêtes; puis, avec de longues pipes, ils fumaient autour d'un autel, faisant de leur tabac en fumée une espèce de sacrifice à leurs fausses divinités.
Deux Indiens mettaient en corde les feuilles de tabac pour la seconde entrée.
Deux autres les pilaient dans des mortiers pour le réduire en poudre et faisaient la troisième entrée.
La quatrième entrée était de preneurs de tabac qui éternuaient, et qui se présentaient les uns aux autres, le prenant par pincées avec des cérémonies plaisantes.
La cinquième était une troupe de fumeurs assemblée dans une académie ou lieu destiné à fumer. Des Turcs, des Mores, des Espagnols, des Polonais et d'autres nations reçoivent le tabac des Indiens et le prennent diversement.
(p. 98)

(2)

Car s'il agite les humeurs et purge par haut et par bas, il ne laisse aucune marque de malignité. Aussi par ses excrétions, il excite l'appétit et renouvelle pour ainsi dire toute l'économie du corps humain.
(p. 18)

Dans toutes les parties de notre monde il s'est aussi acquis justement une très grande estime. Il a la voix des cours aussi bien que celle des peuples. Il captive les plus hautes puissances. Il a part aux inclinations même des dames les plus illustres.
(p. 30)

Lorsqu'il est familier à la nature, il unit les esprits, et calme leur agitation. A raison de quoi il modère les passions et sait adoucir les inquiétudes de l'âme qui donne le mouvement à ces esprits.
(p. 65)

Quant aux médecins qui combattent particulièrement le tabac en poudre, ils l'accusent d'intéresser la vue, d'affaiblir l'imagination, de détruire la mémoire, et en un mot toutes les puissances du cerveau.
(p. 68)

Le tabac, loin d'être nuisible, est très utile à cette puissance d'imaginer, par l'excrétion qu'il fait faire des sérosités et de la pituite.
(p. 81)

(3)

Poquet avait un vit d'ébène
De la longueur d'un demi-pied
[...]
Il avait l'air d'un rouleau de tabac.
(Corneille Blessebois, Oeuvres satiriques, 1676, p. 16)




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