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Satire IX d'Horace, traduite par Michel de Marolles


Extraits de la Satire IX d'Horace (Ibam forte via sacra...) dans Les Œuvres d’Horace en latin et en français, Seconde partie, de la traduction de M. de Marolles, abbé de Villeloin. Seconde édition, Paris, G. de Luyne, 1660 :

Je m’en allais de fortune par la rue sacrée, rêvant à mon ordinaire de certaines bagatelles : et comme j’y étais extrêmement attentif, un certain homme qui ne m’était connu que de nom, s’étant présenté devant moi, me prit par la main et me dit ; Comment vous portez-vous, le plus agréable et le plus cher de nos Amis ? Assez bien, comme vous voyez, avec désir de faire tout ce qu’il vous plaira.
(Les Œuvres d’Horace, p. 48, traduction des vers 1-5) (voir Fâcheux, v. 39-40)

Et comme il me suivait, je m’avançais de lui dire ; voulez-vous quelque chose de moi ? Je voudrais que vous me connussiez, dit-il : Hé ! nous avons du savoir.
(Ibid., traduction des vers 6-7) (voir Fâcheux, v. 44 et v. 52-58)

Cherchant toutefois à me défaire de lui, dans l’inquiétude qu’il me donnait, tantôt j’avançais à grand pas, et tantôt je m’arrêtais tout court, pour dire je ne sais quoi à mon laquais […] Et tandis qu’il causait de tout, et que j’entendais qu’il louait les rues et la ville, sans que j’eusse rien à lui répondre : Je me suis déjà bien aperçu, dit-il, que je vous donne de la peine, et que vous avez envie de vous en aller, et de vous séparer de moi : mais vous n’y gagnez rien, je vous tiendrai toujours, et je vous suivrai partout. Où est-ce maintenant que s’adresse votre chemin ? Il n’est pas besoin que vous vous détourniez de moi. Je veux aller voir quelqu’un que vous ne connaissez pas […] Je n’ai rien à faire, et je ne suis point paresseux : Je vous accompagnerai partout, me dit-il : J’abaissais mes oreilles comme un âne de mauvaise humeur, quand on lui met sur le dos un fardeau trop pesant.
(Ibid., traduction des vers 8-10 et 12-18) (voir Fâcheux, v. 72-82 )

Alors il se reprit à me dire : Si je me connais bien, je suis assuré que vous ne ferez point tant d’estime de Viscus votre ami, ni de Varius, que de moi. Car y a-t-il quelqu’un qui puisse faire plus de vers, ni plus promptement que j’en fais, ou qui soit plus agile de mon corps que je le suis ? Sans parler que je chante encore avec tant d’art qu’Hermogène même en serait envieux.
(Ibid., p. 48-49, traduction des vers 19-25) (voir Fâcheux, v. 67-70)

[I]l devait d’aventure comparaître en justice pour une assignation en justice qui lui avait été donnée, à faute de quoi il perdait un procès qu’il avait. Si vous m’aimez, dit-il, arrêtez ici tant soit peu pour m’aider. Je puisse mourir, lui fis-je, si j’en ai le loisir, et si j’ai aucune connaissance du Droit civil, outre que j’ai hâte d’aller où vous savez. Je suis incertain de ce que je dois faire, me dit-il, ou de vous quitter, ou d’abandonner mon affaire. Que ce soit moi, s’il vous plait : Non pas, répondit-il : et tout à l’instant, il passa devant moi. Je le suis donc, ne pouvant contester davantage avec un opiniâtre à qui je fus contraint de céder.
(Ibid., p. 49-50, traduction des vers 36-43) (voir Fâcheux, v. 81-90 )

Le jour s’est-il donc levé aujourd’hui si sombre et si malheureux pour moi ?
(Ibid., p. 51, traduction des vers 72-73) (voir Fâcheux, v. 91)

Mais le bonheur voulut que l’adverse partie du grand parleur l’ayant rencontré, lui cria d’un ton fort haut ; où vas-tu infâme ? Et me dit en se tournant vers moi ; Voulez-vous rendre témoignage contre lui ? Je lui prêtai l’oreille : Il l’attira en justice : l’un et l’autre fit beaucoup de bruit, et l’on accourut de toutes parts. Ainsi Apollon me sauva, et je fus délivré d’une cruelle persécution.
(Ibid., traduction des vers 74-78) (voir Fâcheux, v. 95-103)




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